Logo
free host | website hosting | Business WebSite Hosting | Free Website Submission | shopping cart | php hosting

Jacques de Mahieu | Fondements de biopolitique


Attention : il ne s'agit pas du texte original en français, que nous ne possédons pas, mais d'une rétroversion faite à partir des traductions allemande et espagnole.

 

INTRODUCTION

1. UN OUBLI ET UNE EXAGÉRATION DU FACTEUR ETHNIQUE

Dans les études politiques non spécialisées, la race a été très rarement considérée à sa juste place en tant que facteur de l'existence, de la structure et de l'évolution des communautés humaines. Un tel oubli est sans grande importance quand il s'agit d'études statiques d'êtres sociaux définis, mais il fausse complètement la vision des plus vastes ensembles considérés dans leur évolution ; plus exceptionnellement la race est-elle comprise comme la clé unique de l'histoire, le facteur unique de l'évolution de l'homme et des communautés, comme aussi de la naissance et de la mort des civilisations. Ou bien la race n'existe pas, ou elle n'est qu'un reflet du milieu et considérée comme un élément sans importance, ou bien, au contraire, on obscurcit le monde avec la conception d'un déterminisme absolu et sans remède. D'un côté, Marx et Maurras, bien qu'ils mentionnent parfois, après les avoir passés sous silence, des facteurs ethnopolitiques, ont manifestement peur d'entrer dans le vif du problème, dont ils ne possèdent pas les données ou qui pourraient compliquer le déroulement de leurs théories. D'un autre côté, Gobineau systématisa avec excès des observations et des réflexions remarquables, en faisant d'un groupe ethnique le deus ex-machina de l'histoire ; non sans excuses, certes, puisque c'était le premier à traiter sérieusement la question, et il ne pouvait pas posséder, il y a un siècle, les éléments indispensables que la biologie nous a donnés seulement dans les dernières décennies. Citons, enfin, les campagnes contre le "racisme" d'hommes de science devenus des propagandistes, et des propagandistes déguisés en hommes de science, autant que de la tourbe d'innombrables esprits. Il résulte de tout cela que le problème a besoin d'être traité de nouveau depuis ses fondements et porté jusqu'à ses dernières conséquences, à la lumière des seules réalités scientifiques.

2. LA BIOPOLITIQUE

Nous vérifierons, dans le cours de notre recherche, que le problème ethnique, quand il a été posé, l'a été d'une manière trop étroite ou, plus exactement, en ce qu'existe, à la marge du problème des races proprement dites, un problème du même ordre qui nous permet d'entrevoir déjà le langage courant. Nous disons d'un être humain comme d'un cheval qu'"il est racé" ou qu'"il a de la race". Cela ne signifie pas qu'il appartient à un ensemble ethnique déterminé, mais, au contraire, qu'il se distingue par un certain nombre de caractéristiques dans son ensemble ethnique. Quand nous aurons établi que ces caractéristiques sont héréditaires, nous aurons nécessairement à admettre qu'existent, au sein des ensembles raciaux, des catégories de même nature biopsychique que les communautés ethniques, au sens propre du mot. Et quand nous aurons vu que ces catégories ont une importance sociale, nous aurons à bien compléter l'ethnopolitique avec la génopolítique, et à considérer l'ensemble des processus héréditaires dans la mesure où ils interviennent dans la vie des communautés humaines. Tel est l'objet de la biopolitique. Peut-être le terme paraît-il à certains trop étroit, puisque les caractères considérés ne sont pas seulement biologiques, mais aussi psychiques. Nous le conserverons cependant ; d'abord, parce qu'il ne nous semble pas possible d'admettre le terme "bio-psychopolítique", et surtout parce que la biologie, ou science de la vie, s'est certainement déjà écartée de son matérialisme primitif, la conséquence en est que le dualisme cartésien s'éloigne de plus en plus de nous, tandis que la philosophie revient, heureusement, à la conception aristotélicienne de l'unité substantielle de l'être vivant. La biopolitique a un important objet à considérer : dans le monde entier, les conflits entre races se multiplient, et de grands chocs ethniques, à une échelle encore inconnue jusqu'à présent, se dessinent à l'horizon ; la dégradation, par des causes internes, de nos communautés traditionnelles exige l'explication et les remèdes que la science politique n'a pas su, jusqu'à présent, donner ni recevoir. Nous verrons, tout au long des pages suivantes, dans quelle mesure la biopolitique, en plus de l'intérêt théorique qu'elle offre, nous permet d'éclairer certains problèmes contemporains et de définir leur indispensable solution.

 

I. LA RACE

3. L'HOMME : L'HÉRÉDITÉ PLUS L'HISTOIRE

Au moment de la conception, la cellule-souche contient en puissance tout le développement ultérieur de l'être humain tel qu'il se produira, mais aussi tel qu'il se produirait en d'autres circonstances. Dans l'instant de sa conception, l'homme possède l'ensemble des possibilités entre lesquelles il aura constamment à choisir ; et, cette élection permanente éliminera de son avenir possible, non seulement la réalité qui s'incorporera à sa mémoire psychique et physiologique, mais aussi les potentialités refusées et toutes leurs conséquences virtuelles. La vie de l'être humain est, par conséquent, un enrichissement continu par l'actualisation de possibilités qui deviennent effectives, mais aussi un appauvrissement continu par le rejet de possibilités qui deviennent irréalisables. À l'origine de l'homme il y a, par conséquent, un capital potentiel qui se trouve reçu ; et nous savons qu'il l'hérite de ses parents. Mais, à chaque moment de son existence, lui-même influe sur ce capital par les choix qu'il effectue : choix qui dépendent des nécessités, qui s'appliquent aussi au milieu dans lequel il vit et qui pèsent sur lui, mais aussi sur son passé que sous forme de mémoire son être a transformé. L'homme choisit dans une adaptation constante à lui-même et au monde extérieur. Son être dépend donc de deux facteurs : l'hérédité qui lui apporte l'ensemble de ses possibilités, et les circonstances selon lesquelles ses choix sont effectués, et qui régissent, par conséquent, son histoire. Il n'est pas possible d'étudier l'homme en se passant de l'un de ces deux éléments. Il n'est pas non plus possible d'agir efficacement sur lui en les ignorant. Du double point de vue de l'étude et de l'action, la politique doit prendre en compte l'hérédité de l'homme, ce qui signifie, dans le sens le plus large du mot, sa race, comme aussi son milieu.

4. LE FAIT RACIAL

Le concept de race est, aujourd'hui, si vaste qu'il semble vraiment trop imprécis, jusqu'au point de perdre presque toute utilité. Le terme s'applique indifféremment à l'ensemble de notre ou nos espèces ("la race humaine") ; aux grands groupes “d'une couleur" unique ("race blanche") et à telle ou telle autre de ses fractions ("la race aryenne") ; aux sociétés historiques ("la race italienne"), et même aux ensembles linguistiques ou culturels ("la race latine"). Sans doute l'idée existe-t-elle vaguement, dans tous les cas, que la race est liée au facteur héréditaire, et qu'une certaine communauté de caractères présente un ensemble racial, transmissible avec la vie, et qui se distingue des autres. Mais des sociologues et des spécialistes en science politique se sont vus, cependant, attribuer au seul milieu l'inégalité des ensembles humains et, par conséquent, soutenir que tous possèdent des possibilités identiques. Les autres, en même temps, qui soulignaient de manière arbitraire l'homogénéité raciale des communautés primitives, se sont basés sur la diversité des types de l'ensemble déterminé pour nier l'actuelle existence des races. D'un autre côté, les anthropologues semblent enclins à établir leurs classements sur la base de tel ou tel autre facteur arbitrairement choisi. Parfois, la couleur de la peau constitue l'élément unique de discrimination des ensembles raciaux ; d'autres fois, c'est la forme du crâne ou les propriétés de coagulation du sang. Dans le cas le plus favorable, on ne considère que quelques caractères somatiques, tout facteur psychique étant formellement exclu, et encore plus biologique. Le hasard d'une découverte ou d'une pseudo découverte, ou plus simplement la mode, transforme périodiquement, sans aucune raison valable, une branche essentielle de la science de l'homme. Les idéologies se sont mêlées du sujet. Pour toutes ces raisons, il nous semble indispensable de rediriger le problème en partant des données que l'expérience nous fournit. Nous n'avons pas besoin des théories pour pouvoir consolider le fait de la race. Tout le monde distingue un Congolais d'un Chinois ; tout le monde perçoit la différence qui existe entre un groupe de cent Suédois et un autre de cent Espagnols. Tout le monde sait également que le noir qui naît à New York est aussi noir que l'exige la lumière au Congo, et que, par conséquent, certains des caractères qui permettent au moins compétent de reconnaître une différence ethnique sont héréditaires. La difficulté commence seulement avec la définition du concept de race. Essayons d'écarter les facteurs qui la déforment. Nous pouvons l'obtenir très facilement en considérant déjà, non l'homme, mais des animaux d'autres genres. Si nous arrivons à établir ainsi une définition zoologique de la race, il sera simple de voir dans quelle mesure il s'applique au phénomène racial humain.

5. LE CONCEPT ZOOLOGIQUE DE RACE

Considérons un certain nombre de chiens de type berger allemand. Pourquoi disons-nous qu'ils appartiennent à une race déterminée ? Superficiellement, parce qu'ils se ressemblent les uns aux autres. Ils possèdent la même conformation physique et manifestent les mêmes qualités psychiques : une hauteur moyenne, de longs poils de couleur brune, le museau allongé ; une queue huppée, une certaine valeur dans l'attaque, une intelligence supérieure à celle de la majorité des autres races canines, etc. Cependant, tous les bergers allemands ne sont pas identiques. La hauteur varie de quelques centimètres ; leurs poils sont plus ou moins longs et serrés, et leur couleur comprend toute la gamme des bruns, du presque jaune au presque noir ; leur valeur et leur intelligence sont soumises à une gradation. Tel individu possède parfois un pelage plus sombre que celui d'un doberman, dont la couleur caractéristique est le noir, ou est moins intelligent que le grand danois, qui appartient à une race peu favorisée à ce sujet. S'il s'agissait, comme on le fait souvent dans le cas de l'homme, de définir la race des bergers allemands uniquement par l'un de ces caractères, on obtiendrait alors des résultats dont l'absurdité sauterait aux yeux. Mais personne ne pense à le faire, parce que, quand il s'agit des chiens, chacun sait très bien que la race zoologique est l'ensemble des individus qui possèdent en commun, dans une certaine mesure quantitative et qualitative, un certain nombre de caractères physiques, physiologiques et psychiques transmis par hérédité. L'individu représentatif d'une race est simplement celui qui unit en lui tous ces caractères portés à leur degré maximal. Maintenant notons bien cette même remarque : quand on dit que l'homme nordique est grand, blond, dolichocéphale, résistant, valeureux, etc., il n'est pas défini tel un "animal de concours", et plusieurs nordiques sont d'une hauteur moyenne, bruns, brachycéphales, faibles ou lâches. Cela ne signifie pas du tout que la race nordique est une fiction. À plus forte raison, on peut soutenir qu'il ne s'agit pas d'une race pure. Mais a-t-on suffisamment bien compris cette expression ?

6. L'ERREUR DE LA "RACE PURE"

Nous avons considéré jusqu'à présent l'ensemble racial comme un conglomérat statique d'individus. Il s'agirait encore, pour pouvoir répondre à la question précédente, de l'examiner dans son aspect évolutif. Quand disons-nous qu'un berger allemand est de race pure ? Non pas quand il atteint la perfection théorique du type, mais quand il est issu de parents non métissés. En nous élevant ainsi génération après génération, nous arriverons à l'origine de la race, c'est-à-dire au moment auquel, par changement ou de toute autre manière, une portée de bergers allemands est née de parents qui n'étaient pas tels. Nous pourrions nous élever ainsi, d'une race à une espèce et d'une espèce à un genre, jusqu'à la petite masse de protéines qui, un jour, a vu le jour. Tout cela manquerait de sens. Si nous considérons l'origine commune, la race comprend l'animalité entière. Si nous fixons arbitrairement son principe dans l'instant de sa dernière différenciation, elle est fondée sur une hétérogénéité originaire bien que l'on suppose qu'aucun métissage n'est intervenu depuis ce temps-là, ce qu'on pourra encore difficilement observer dans ce qui apparaît chez les races animales les mieux et les plus anciennement fixées. Cela ne signifie pas pour autant, et encore moins, que les données généalogiques manquent d'intérêt, puisque les caractères communs et la fréquence de leur apparition émanent d'elles selon un processus que nous examinerons plus loin, mais qu'il serait erroné de faire de la pureté un critère de l'existence et, plus raisonnablement, de la valeur de la race. Pour ce qui concerne les ensembles humains, il serait nécessaire, si leur filiation était admise à partir d'une paire primitive de chromosomes, de les considérer comme appartenant à une race unique, ce qui est contraire aux faits. Et si on la considérait à partir d'une multiplicité de changements originaires, nous aurions encore à oublier le facteur du métissage. Les définitions théoriques qui ne correspondent pas à la réalité ne servent pas une biopolitique. Ce qui se nomme "degré de pureté" d'une race est simplement son homogénéité relative, c'est-à-dire le fait que chacune de ses composantes possède en plus grand nombre et à différents degrés les caractères distinctifs de l'ensemble en question.

7. L'HÉRÉDITÉ

Nous savons, grosso modo, comment sont transmis ces caractères. Chacun des deux parents fournit au nouvel être la moitié des gènes dont il a besoin et qui sont en puissance son avenir possible. Deux individus qui possèdent, abstraction faite de ce qui est relatif au sexe, le même capital héréditaire, et par conséquent sont identiques - par exemple deux souris de race blanche - donneront des descendants de race blanche. La question se complique quand on considère le croisement de deux individus de dotations héréditaires différentes. Chacun sait que, selon les deux premières lois de Mendel, leur progéniture est hybride, c'est-à-dire qu'elle unit en elle les gènes opposés des parents, en ce qu'ils se combinent pour donner un nouveau caractère, consistant en ce que les uns prédominent au dépend des autres, qui s'appellent alors récessifs. Dans la deuxième génération, après le croisement de deux tels hybrides, un quart de la lignée apparaît identique à l'un des grands-parents, un autre quart possède les gènes de l'autre parent, et la moitié est hybride, comme ses parents. Ces deux premières lois de Mendel semblent, par conséquent, indiquer que l'hybridation est un phénomène provisoire et que se produit un retour, numériquement de plus en plus accentué au cours des générations, aux types primitifs. Mais nous devons prendre garde à la généralisation abusive et à la vulgarisation facile de la génétique mendélienne. En effet, bien qu'il soit exact que le croisement d'une souris blanche de race "pure" avec une souris grise également de race "pure" donne, à la première génération, une portée d'hybrides qui doivent leur couleur grise uniquement au caractère dominant du gris sur le blanc et, à la deuxième génération, un quart de "types" blancs, un autre quart de "types" gris et une moitié d'hybrides, le même fait ne se produit pas quand il s'agit d'êtres humains. Le croisement de deux mulâtres, produits de l'union d'un blanc avec une noire, ne donnera pas uniquement des mulâtres de diverses tonalités sans que ne surgissent de nouveau le type blanc et le type noir. Les explications importent peu. Un tel fait cependant nous intéresse : le type hybride se reproduit indéfiniment. D'autre part, la troisième loi de Mendel suffirait pour établir une telle permanence. En effet, la première loi ne s'applique pas uniquement à un caractère, c'est-à-dire un gène isolé de l'ensemble auquel il appartient. Si on considère déjà, non pas un, mais deux caractères, ceux-là sont transmis indépendamment l'un de l'autre. Le croisement d'une souris blanche à longue queue avec une grise à queue courte donnera, à la deuxième génération, des individus semblables à leurs grands-parents, mais dans la proportion d'un huitième, et des individus blancs à queue courte et gris à longue queue (1). S'agissant déjà, non plus de deux gènes mais de milliers de gènes, les lois du calcul des probabilités rendent impossible l'apparition d'un individu identique à l'un de ses ancêtres et à tous les descendants de la paire en question. Pour chaque génération examinée, ils seront tous hybrides au sens où ils posséderont certains des caractères de chacun des types originaires, tandis que, sous d'autres points de vue, ils partageront les uns et les autres. Par conséquent, non seulement les deux premières lois de Mendel ne s'appliquent à l'homme que de manière très relative, mais la troisième nous démontre que la multiplicité des caractères en jeu suffirait à pratiquement interdire tout retour automatique d'un lignage métissé aux types primitifs.

8. LA COMBINAISON DES GÈNES

Jusqu'à présent, non seulement nous avons examiné le cas de la lignée issue d'une unique paire de chromosomes. Mais il est encore exceptionnel, dans nos sociétés, que le mariage se pratique entre frères et soeurs. Dans la réalité, le problème est beaucoup plus complexe que celui que pose l'union de deux dotations héréditaires : le "mélange" de gènes est infiniment plus vaste. Cependant, au sein d'une communauté réduite et fermée, tout le monde arrive, après un certain nombre de générations, à être parent de tout le monde, et chaque membre du groupe possède les mêmes ancêtres que n'importe lequel des autres. Plus une communauté est numériquement réduite à son origine et fermée au cours de son développement, plus ancienne elle est, et plus ses membres possèdent de gènes, et par conséquent de caractères communs, et se ressemblent davantage entre eux. Il faut dire qu'un groupe originairement hétérogène est unifié par endogamie. Sans doute ses membres ne seront-ils pas tous identiques, mais ils se montreront, jusqu'à une certaine limite, de moins en moins différents : leur aspect physique, leur mentalité et leurs réactions manifesteront un degré croissant d'homogénéité.

La "pureté" d'une race est par conséquent une création de l'endogamie et du temps. Pour autant que les gènes ne se combinent, non seulement par association, mais aussi par interaction. En effet, du choc de gènes contraires ne naît pas nécessairement une moyenne, mais parfois un nouveau caractère. Pour emprunter notre langage à la chimie, ce qui ne doit être fait qu'avec beaucoup de prudence, nous dirons que les gènes fusionnent parfois dans un mélange, et d'autres fois dans un alliage. Dans ce dernier cas, la rencontre produit l'actualisation de caractères jusqu'alors latents. Sans doute s'agit-il d'un phénomène exceptionnel, mais il convient de le prendre en compte dans toute l'étendue du processus d'hybridation.

9. LE DOUBLE EFFET DU MÉTISSAGE

Nous ne nous occuperons pas ici des résultats de l'union de deux races avec un individu métis. Mais nous avons à remarquer les conséquences dans une communauté ethnique. En laissant de côté tout jugement de valeur, nos analyses précédentes démontrent que le métissage apporte à l'ensemble humain un accroissement de son capital génétique. Les individus qui la composent sont plus divers, et le sont d'autant plus que les types originaires étaient plus éloignés les uns des autres. Mais ce que gagne ainsi à la variété l'ensemble est immédiatement contrebalancé, d'après des possibilités au moins théoriques, par ce qu'il perd en stabilité et en unité, au moins jusqu'à ce qu'il ait reconquis son homogénéité. Un ensemble ethnique homogène est constitué dans la réalité de ce qui est. Il possède un but bien défini, et une volonté de pouvoir consolidée.

Il a la conscience de lui-même. Il est "d'un seul tenant". L'ensemble métissé encore non homogène est, au contraire, tiraillé entre diverses aspirations, souvent contradictoires. Il se disperse et se relâche. Il a besoin d'un certain temps pour redevenir une fois encore propriétaire de lui-même ; exactement le temps nécessaire à la reconstitution de son unité ethnique. Bien sûr, la nouvelle race qui naît de l'hybridation, quelle que soit sa valeur, est différente de ses deux composantes. Cependant, il existe des races dont les principaux caractères distinctifs sont en général dominants et qui possèdent ainsi la capacité de conserver dans un état latent certains des gènes étrangers qui se révèlent par métissage de leur capital héréditaire. Mais une telle propriété est exceptionnelle et n'invalide pas le fait général selon lequel les ensembles ethniques métissés perdent pour un temps, avec leur unité héréditaire, leur harmonie et leur énergie.

10. LE CHANGEMENT

Nous avons raisonné jusqu'à présent comme si les gènes, et par conséquent les caractères héréditaires qu'ils représentent, étaient transmis sans aucune modification de génération en génération. S'il en était ainsi, les ensembles ethniques ne seraient jamais que le produit de combinaisons particulières d'éléments déjà connus, et le phénomène simple de l'apparition par métissage de nouveaux caractères resterait incompréhensible. Mais s'il était possible malgré tout, au siècle passé, de concevoir l'évolution des races humaines à partir de groupes primitifs qui se mélangeaient de plus en plus à mesure que l'histoire se développait, nous avons aujourd'hui à tenir compte du fait du changement, indiscutablement établi par la génétique contemporaine. Dans certaines circonstances naturelles ou expérimentales, une nouvelle lignée naît d'un lignage connu, laquelle diffère sur un ou plusieurs points primordiaux, de ses parents, et les nouveaux caractères qui surgissent sont ainsi transmis par hérédité. Le capital héréditaire est, par conséquent, susceptible d'être modifié en acte, sinon substantiellement. On ne pourrait, en effet, concevoir une création ex-nihilo des caractères récemment apparus. Nous avons immédiatement à admettre que ceux-là existaient en puissance dans les gènes des parents, et que leur actualisation constitue une nouveauté uniquement à un moment déterminé de l'évolution du lignage concerné. Par conséquent, le changement consiste à passer de la puissance à l'acte, c'est-à-dire de l'état virtuel jusqu'à l'état de fait de caractères qui nous paraissent nouveaux parce qu'ils apparaissent subitement dans une lignée, sans que rien n'ait pu laisser supposer leur existence latente, chez les parents du mutant. L'importance ethnologique du phénomène est considérable, puisqu'il nous permet de mieux comprendre mieux le processus du métissage et la reconstitution de l'homogénéité du groupe métissé : sous le choc produit par l'union d'êtres de races distinctes, surgissent par modification des caractères qui n'appartenaient à aucun des groupes constitutifs, apportant ainsi à la nouvelle communauté ethnique les particularités qui renforcent son homogénéité. Parfois le changement peut être aussi un facteur de différenciation, quand il fait naître au sein d'une race ou d'une lignée des individus différents de leurs parents, et va jusqu'à en créer d'autres sans avoir à recourir au lent processus du système de la sélection qui permet aux éleveurs d'améliorer les races qui les intéressent. Les croisements opérés se fondent en partie sur ce phénomène.

La biopolitique, comme la zootechnie, trouve dans le changement l'une des bases essentielles de son action.

11. L'HÉRÉDITÉ DES CARACTÈRES ACQUIS

Il faut tenir compte aussi d'un autre facteur non moins important, bien que nié jusqu'à ces dernières années par la plupart des biologistes et des psychologues : l'hérédité des caractères acquis. Nous savons que l'individu peut contracter des habitudes. Ses organes et son esprit sont capables d'accroître ses possibilités d'action par le jeu de la mémoire. Le métier d'un artiste ou d'un ouvrier n'est pas moins que l'ensemble des habitudes "emmagasinées" qui constituent un ajout à sa dotation héréditaire. Mais cet individu transmet-il à sa descendance la totalité ou bien une partie seulement d'un tel accroissement de son être ? Beaucoup de biologistes du XIXe siècle, formés à un scientisme étroit, l'ont nié pour l'unique raison qu'ils n'avaient pu reproduire le phénomène en question dans des expériences de laboratoire. Ni les souris ni les mouches drosophiles ne paraissaient transmettre à leurs descendances respectives leurs caractères acquis. Qu'est-ce que cela prouvait, en dehors de ce que l'expérimentation biologique était impuissante, dans une certaine mesure, à reproduire les réalités de la vie ? Aujourd'hui, l'hérédité des caractères acquis a été pleinement démontrée grâce aux résultats obtenus aux États-Unis sur la colchinie, et en Russie par la méthode naturelle de Michurin. D'un autre côté, des cas bien connus d'habitudes acquises ne manquent pas, en dehors des laboratoires, transmises par hérédité. Prenons l'exemple décisif des chiens de sélection. Tout éleveur, et aussi tout chasseur, sait parfaitement qu'un chiot de race pointer se remarquera à sa sélection depuis sa première sortie s'il s'agit d'un animal de race et que, de toute façon, un dressage rapide suffira à obtenir de lui ce qu'on en attend. Cependant, il n'y a rien de plus antinaturel que la sélection chez un chien dont les ascendants vivaient de la chasse. Il s'agit par conséquent, sans aucun doute, d'une prédisposition héritée d'une longue série d'ascendants qui ont chacun fait l'objet d'un dressage adéquat. Personne n'ignore que la qualité et la valeur marchande d'un chien de sélection dépendent, précisément, de son pedigree, c'est-à-dire du niveau atteint par la lignée au moment de sa naissance. Dans le genre humain, il est bien connu, bien que cela a été mis en doute par les négateurs de l'hérédité des caractères acquis, que quelques générations sont nécessaires pour parfaire la formation d'un bon ouvrier dans certains métiers de pointe, la cristallerie par exemple. Nous faisons davantage confiance à ce propos au témoignage et, surtout, à la pratique des industriels qui cernent la réalité du phénomène plutôt qu'aux assertions des scientifiques théoriciens. De plus : ne se contredisaient-ils pas eux-mêmes, ces transformistes du siècle passé qui, tandis qu'ils niaient l'hérédité des habitudes, fondaient leur théorie de l'évolution des espèces sur une transformation lente des générations sous l'effet du milieu, la modification de celui-ci ne pouvant pas être effectuée, mais seulement la transmission héréditaire des progrès réalisés ?

12. LA MÉMOIRE HÉRÉDITAIRE

De toute façon, les faits, déjà encore aujourd'hui établis en laboratoire, ne peuvent pas être mis en doute. Non seulement les gènes sont susceptibles, par changement, d'actualiser des caractères jusqu'alors simplement potentiels, mais ils sont aussi susceptibles de transformation. Les cellules reproductrices enregistrent dans une certaine mesure les modifications mémorisées et les transmettent. Il est évident que si les membres successifs d'une lignée vivent tous la même expérience, la répétition influera sur le groupe, de plus en plus énergiquement renforcée, et l'habitude, au sens le plus large du mot, de chaque individu deviendra un instinct héréditaire. Il est véritablement semblable à celui par lequel les abeilles ont acquis la technique qui leur permet de fabriquer le miel. Est sûrement donc semblable le dressage de nombreuses générations de chiens qui a transformé une espèce sauvage en races domestiques. Nous venons, volontairement, de choisir deux exemples très différents. En effet, dans le cas de l'abeille, il s'agit d'une auto-modification par adaptation aux nécessités de l'existence. Dans le cas du chien, au contraire, il s'agit d'une modification imposée par l'homme.

La race est par conséquent modifiée par l'acquisition de caractères sous l'action du milieu qui lui impose certaines conditions de vie, mais l'homme peut s'incorporer à ce milieu et agir ainsi sur les ensembles ethniques qu'il désire transformer. Cela est vrai pour ce qui se produit pour l'homme et les autres animaux. Mais il reste à correctement comprendre que les caractères nouveaux ne sont modifiés que dans la mesure dans laquelle la race se montre capable d'une adaptation et d'une éducation. On pourra bien élever au milieu de fleurs des générations successives de mouches : on ne se mettra pas à fabriquer du miel. On domestiquera en vain le tigre. Le même fait se constate avec l'homme. La biopolitique possède avec l'hérédité des caractères acquis un milieu d'action efficace, mais seulement dans la mesure selon laquelle les modifications qu'elle désire obtenir dans l'ensemble ethnique sont incluses à titre de possibilités dans le capital héréditaire mentionné. Par conséquent, les gènes ne s'actualisent pas en tant que possibilités mais dans la pratique, c'est-à-dire que c'est dans le dynamisme de leur actualisation que se manifestent automatiquement dans les générations successives des caractères hérités au lieu qu'ils se réalisent au prix de longs efforts individuels. Par l'hérédité des caractères acquis, une race devient adulte, exactement comme un enfant dont l'être absorbe des connaissances mémorisées tout au long de son expérience. Par conséquent, il est possible d'"élever" une race comme on élève un être humain.

13. L'ACTION DU MILIEU

Nos analyses précédentes nous permettent de mieux comprendre l'action du milieu comme facteur d'évolution des races. Et nous employons le mot "milieu", non seulement pour exprimer les conditions géophysiques et géopolitiques de la vie des ensembles ethniques, mais aussi celles que nous pourrions nommer éducatives, au sens où elles dépendent d'une volonté d'action intérieure ou extérieure à la communauté. Le milieu agit sur la race comme agent d'actualisation et de sélection de ses possibilités immanentes. L'ensemble de celles-ci se trouve à l'égard de lui dans une situation semblable à celle du joueur d'échecs en face d'un échiquier. Il possède la capacité - c'est-à-dire les possibilités virtuelles de jouer de telle ou telle manière - qui a été donnée au commencement et provient de ses dotations biopsychiques et de son expérience. Mais son jeu effectif ne dépend pas seulement de cette capacité, mais aussi de la position des pièces de l'adversaire et de celle des siennes à un moment déterminé. Cela constitue la condition selon laquelle le milieu influence sa décision de bouger telle pièce dans telle direction quand beaucoup d'autres combinaisons sont théoriquement possibles. Deux joueurs de capacités égales mis en présence de conditions distinctes ne réagiront évidemment pas de la même façon, et non plus deux joueurs de capacités ou seulement de techniques différentes placés en face du même problème.

Remplaçons l'échiquier par les conditions géographiques et sociales et le joueur par l'ensemble ethnique, et nous aurons défini l'action du milieu sur la race. Personne n'ignore, par exemple, que la mer suscite, chez l'homme blanc, l'audace ; la montagne, la résistance, et le climat tropical, l'apathie. Mais le noir de la côte africaine n'est jamais devenu navigateur, ne résiste pas à la hauteur et le climat chaud est indispensable à son énergie toute relative. Par conséquent, chaque race est capable de s'adapter à un certain éventail de conditions posées par le milieu et en s'adaptant, est modifiée en fonction de ce milieu, mais toujours selon les possibilités données par son capital héréditaire.

14. LE DOUBLE EFFET DU MILIEU

Quand on considère un ensemble ethnique dans un milieu déterminé, on vérifie un double processus de différenciation et d'unification de la communauté qu'il constitue. La différenciation à l'égard des autres groupes de la même race est nécessairement soumise à différentes conditions de développement : dans quelques contrées isolées, racialement homogènes, elle s'observe encore de nos jours, malgré le métissage produit par le progrès des moyens de transport ; les dissemblances que nous avons bien à nommer ethniques d'un village à un autre village : le sol et, par conséquent, pour une part les aliments ingérés ne sont pas absolument, identiques, ni ces "forces telluriques" dont les effets sont vérifiés sans qu'on ne sache encore à quoi elles correspondent exactement. Si on considère, à l'opposé, deux ensembles de même origine mais placés, l'un dans les terres glacées du grand Nord et l'autre à l'Équateur, le milieu agira, de manières opposées, avec une telle puissance qu'on aura parfois, avec le temps, l'impression de se trouver en face de communautés sans plus aucune parenté ethnique. Remarquons qu'en pratique, et encore au travers de ce qui se produit aux temps historiques, il en résulte souvent qu'on ne peut répondre à la question de savoir quelle est la part du métissage et celle du milieu dans la différenciation des races. Au contraire, il est plus facile d'appréhender le phénomène de l'unification d'un ensemble hétérogène sous l'action du milieu. Toutes les nations européennes d'aujourd'hui sont le produit de mélanges récents et leur homogénéité par endogamie est encore loin d'être parfaite. Cependant, l'identité des conditions de vie a fait surgir des caractères nationaux qui permettent de distinguer dès le premier abord un groupe de cent Italiens d'un autre de cent Anglais. Le même constat peut être fait au sein de communautés sociales réduites qui vivent sur le même sol, mais qui sont soumises à des conditions d'existence différentes sur tel ou autre point : dans une ville déterminée, on distingue, sans grande difficulté, au moins dans les pays où la stratification sociale n'est pas très récente, un ouvrier d'un bourgeois.

15. LES LIMITES DE L'ACTION DU MILIEU

Prenons soin, cependant, de ne pas tomber dans l'erreur courante qu'il y a à considérer sur un plan d'égalité une race et un milieu. Beaucoup ont exagéré l'efficacité de ce dernier facteur, souvent pour des raisons fort peu scientifiques. Vérifie-t-on au sein de la grande race blanche des différences ethniques aussi marquées que celles qui distinguent les Suédois des Siciliens ? On oublie presque toujours les métissages successifs qui ont modifié la race de ces derniers. On oublie aussi fréquemment que la différenciation, sous l'action du milieu, de races qui proviennent du même tronc s'est produite au cours de millénaires, et que les modifications historiquement observables sont réduites à peu de chose en comparaison de la partie stable du capital héréditaire des ensembles ethniques. Par conséquent, sans nier que le milieu ait été le facteur de la formation des races actuelles, nous avons à vérifier qu'à notre échelle d'observation et d'action, son influence est seulement secondaire, et qu'il serait erroné de lui attribuer la responsabilité des différences fondamentales qui séparent les races. Bien qu'il semble établi que l'index céphalique considéré rende un tel caractère héréditaire fort peu inaltérable, il est susceptible de subir l'action du milieu, comme c'est le cas pour les enfants d'immigrants blancs à New York. Il n'en reste pas moins certain que les enfants nés dans cette ville de parents sémites ou noirs conservent leurs caractéristiques ethniques essentielles : seulement le métissage répété réussit à les unifier, au moins extérieurement, avec les Nord-américains de souche européenne. Cela fait déjà un siècle que Gobineau a remarqué avec pertinence que "partout le monde a vu fleurir successivement, et sur les mêmes sols, la barbarie et la civilisation", selon les races qui les ont peuplés. L'action d'actualisation du milieu, qu'on admette ou non les théories monogénistes, c'est, sans aucun doute, le facteur de différenciation des races. Mais nous avons à vérifier que l'essentiel de cette différenciation était déjà opérée à l'origine des temps qui nous sont plus ou moins connus, sans qu'il soit possible, d'autre part, de revenir sur l'histoire de l'espèce - ou des espèces - laquelle nous est imposée. Aucune action du milieu ne peut même aujourd'hui atténuer de manière perceptible les différences de "couleur" acquises entre les grandes races, ni entre les races principales constituées au sein de celles-ci, exactement comme de simples changements dans le climat, l'alimentation et le dressage ne sont pas susceptibles de transformer en percheron un âne des îles Shetland. Mais nous savons aussi que les caractères acquis au cours de leur évolution par les différents ensembles ethniques possèdent une marge de changement dépendant du milieu. Le climat tropical ne transformera pas en noirs une lignée de blancs, mais il atténuera leur dynamisme et leurs capacités d'invention. Et deux ou trois générations à l'usine suffiront pour transformer en prolétaires, physiquement et psychiquement, une lignée de paysans, tandis que les conditions de la vie urbaine moderne produisent la dégradation rapide de ceux qui souffrent de ses effets. Les races humaines sont aujourd'hui un peu dans la situation du joueur d'échecs à la fin d'une partie partagée. Il ne peut pas revenir sur ses coups précédents ni récupérer les pièces perdues, et il doit bien prendre en compte l'histoire de la partie, qui pèse sur ses dernières possibilités. Le milieu - la position des pièces sur l'échiquier - conditionne encore son jeu et peut le faire perdre ou gagner, mais seulement dans la mesure selon laquelle son action n'est pas déjà déterminée par ses sélections passées. Extérieurement, il serait peut-être agréable à l'Arabe de s'élever au point de séparation des races blanches et de s'orienter alors vers les Aryens : ce serait un désir ardent sans signification. Mais un chef conscient pourra empêcher qu'il n'abandonne ses chameaux pour l'usine, et éviter ainsi qu'un milieu dégradant détruise les possibilités qui lui restent. C'est un fait auquel on ne peut rien changer, que le milieu, l'agent efficace de différenciation, d'unification et de progrès - ou de décadence - des ensembles ethniques, joue seulement le rôle de facteur décisif dans le cadre des races existantes et qu'il se montre dans l'incapacité de revenir sur ce qui a été antérieurement acquis.

16. LA CRÉATION D'UNE RACE

Nous nous trouvons maintenant à devoir examiner les hypothèses qui rendent possible le processus de constitution d'un groupe racial dans ses différences. La race est créée par métissage et sous l'action du milieu. Mais tandis que le métissage est en mesure, par lui-même, et même dans les cas extrêmes, de réaliser originairement l'homogénéité du composé complexe, le milieu ne peut pas cependant actualiser les caractères virtuels communs aux différents éléments ethniques qui interviennent dans la formation de la nouvelle communauté. C'est-à-dire que son action est limitée par les possibilités déjà existantes, bien que ne se manifestant pas dans le capital héréditaire des composants du groupe. L'homme s'adapte au milieu seulement dans la mesure où il possède en lui-même la réponse aux conditions que celui-là pose. Remarquons cependant que, par la sélection que nous étudierons plus loin, le milieu est susceptible d'une action, sans doute de négation, mais qu'il domine l'hérédité de l'ensemble considéré, puisqu'il peut éliminer certains éléments constitutifs au profit d'autres plus résistants ou plus adaptés. Maintenant, appréhendons mieux la hiérarchie qui existe entre les facteurs de création de la race. Le capital héréditaire de l'ensemble constitue la totalité de ses possibilités biopsychiques et reste essentiellement invariable. Mais certaines de ces possibilités se manifestent seulement dans des conditions de milieu particulières, tandis que la sélection détermine une certaine élection des caractères les plus précieux. De là, on déduit, non seulement que la race, loin d'être un souvenir plus ou moins mythique du passé, est au contraire une création continue de l'histoire, mais aussi qu'il nous est possible d'influer sur son processus de formation. Cela correspond à ce que les éleveurs font plus ou moins empiriquement : ils modifient, par métissage, le capital héréditaire du groupe qui les intéresse ; ils imposent à celui-ci les conditions de vie qu'ils suscitent, ou au moins favorisent tel ou tel autre caractère désiré ; ils lui donnent qui plus est un dressage qui sera transmis, avec le temps, sous forme de caractère acquis, d'une génération à la suivante ; ils sélectionnent les mutants individuels, soit pour les éliminer, soit pour les utiliser comme reproducteurs ; ils écartent enfin les éléments qui ne correspondent pas au type recherché. Ils réussissent à créer ainsi des races presque parfaitement homogènes et bien adaptées à une fin déterminée. Il appartient à la biopolitique d'étudier, sur les bases ainsi établies, l'importance du facteur ethnique dans les sociétés humaines et dans quelle mesure il serait possible et désirable de leur appliquer les normes et les procédés de la zootechnie. L'action lui correspondra après. C'est déjà le temps, en effet, où l'homme soigne sa race tout comme celle de ses animaux domestiques.

 

II. L'ETHNOPOLITIQUE

17. LE CLASSEMENT DES RACES

Nos analyses précédentes montrent combien il est inutile d'essayer de classer les races sur la base d'hypothèses d'origine spécifique, que l'actuel état de l'anthropologie ne permet, ni de consolider, ni de nier. Puisque la race est une création, il nous importe moins de savoir s'il existait au principe de l'humanité un ou plusieurs groupes ethniques que de pouvoir faire empiriquement la distinction présente des communautés raciales. S'il n'est pas possible, à notre échelle d'observation et d'action, à ce qu'on peut vérifier, de produire le passage d'un couple ou d'un individu humain d'une grande race à une autre, il est indifférent pour nous que ces grandes races aient existé depuis l'origine ou soient le résultat d'une différenciation préhistorique sur laquelle on ne peut pas revenir. Mais parler de grandes races est déjà établir un classement entre des ensembles ethniques, c'est-à-dire vérifier l'existence de vastes communautés raciales, chacune d'elles possédant les caractères déterminés, physiques, biologiques et psychiques, qui se manifestent aussi, dans une certaine mesure, dans les ensembles internes les plus différenciés. On admet aujourd'hui, unanimement, que les grandes races sont trois, celles que, faute d'une terminologie plus exacte, nous nommons blanches, jaunes et noires ; dénominations peu satisfaisantes, puisque la couleur est seulement l'un des caractères distinctifs reconnus, bien que le plus visible, dont le choix permet de rejoindre l'ethnologie dans sa tentative de classer certains ensembles métis ou marginaux. Les grandes races sont, en général, parfaitement délimitées, comme aussi les races en lesquelles elles sont divisées, s'agissant des produits d'une différenciation par le milieu ou par le métissage, ce que nous ne pouvons pas toujours affirmer avec certitude. Il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste pour distinguer cent Japonais de cent Mongols, ou cent Chinois du Nord de cent Guaranis, et pour définir les races correspondantes comme des sous-ensembles particuliers de la grande race jaune. On pourra également distinguer sans plus grande difficulté, au sein de la grande race blanche, la race sémite, ou, au sein de la grande race noire, la race pygmée. Cependant, à ce niveau, la délimitation devient déjà moins précise et laisse des "résidus" non classés ou d'un classement discutable. Par exemple, l'ensemble des Européens blancs ni sémites ni chamites constitue-t-il une ou plusieurs races ? Les réponses sont contradictoires pour deux raisons : d'abord, les méthodes erronées de classement fondées sur des caractères instables, tels que la hauteur ou la forme du crâne ; en second lieu, l'obstination historiciste de ceux qui veulent s'appuyer à tout prix sur l'origine reconstituée des races, en oubliant que les ensembles ethniques sont le produit d'un double processus de différenciation et de fusion, avec prédominance, selon l'époque, de l'une ou de l'autre de ces tendances évolutives. Les Européens blancs auront constitué dans quelques temps plusieurs races bien distinctes. Mais leur état de fusion est tel aujourd'hui qu'ils constituent presque une race unique, dans laquelle se distinguent déjà les races en formation qui correspondent aux communautés géographiques et politiques. Historiquement, il est sans doute erroné de qualifier tous les Européens d'aryens, mais il est ethniquement exact dans l'ensemble, que soit ou non adéquate la dénomination choisie, et bien que nous ne puissions pas toujours savoir dans quelle mesure ne demeure pas en deçà des actuelles différenciations, la permanence de races qui existaient avant leur fusion relative. Ce mouvement constant et divers est souvent oublié quand il s'agit d'établir une carte des races. Tandis qu'il est facile de délimiter, malgré les innombrables métissages, le territoire des grandes races, ainsi que celui des ensembles nettement différenciés par hybridation entre des grandes races - les Malais, par exemple -, la tâche est rendue plus délicate quand il s'agit des races elles-mêmes, parce que certaines d'entre elles se trouvent dans une évolution continue. En Europe, les délimitations anciennes des races nordiques, alpines et méditerranéennes n'ont pas encore perdu toute signification, mais elles tendent à être perturbées par les nouvelles races nationales, par ailleurs moins reconnaissables en raison de la mise en relation croissante des communautés et de l'uniformisation des conditions de vie. Il faut dire que, bien que la race, quand ses caractères distinctifs sont dominants et peu variables, est aussi stable que la grande race et n'est pas essentiellement modifiée, même par métissage, elle est en revanche fondamentalement instable quand ses caractères sont sensibles à la pression du milieu ou soumis à un changement. Par conséquent, des races existent, essentiellement différenciées, dont les caractères distinctifs acquis ne peuvent pas déjà être modifiés seulement par métissage, et aussi des races accidentellement différenciées, dont les caractères distinctifs acquis sont encore susceptibles d'une modification par le milieu.

18. LE CREUSET

Cette dernière observation est très importante, puisqu'elle permet d'établir ce que nous pourrions nommer le degré de parenté des races, c'est-à-dire la facilité relative de leur fusion éventuelle dans le tout homogène, ainsi que la nécessité du concept de métissage. Si en effet fusionnent accidentellement deux individus ou deux ensembles appartenant à des races distinctes, leur lignée possédera les caractères communs aux deux races, tandis que les caractères distinctifs accidentels seront atténués et, avec le temps, gommés par le milieu. Tel est le cas, particulièrement clair, des dynasties réelles de l'Europe : le Tsar Nicolas II et le Roi Alphonse XIII avaient dans leurs veines le sang de toutes les races anciennes du vieux continent ; ils témoignaient cependant des caractères ethniques des Russes et des Espagnols respectivement, c'est-à-dire de nouvelles races en formation. Au contraire, l'union de races essentiellement différenciées donne des hybrides, exactement comme celle des grandes races. C'est-à-dire que le nouvel ensemble naîtra d'elles seulement par endogamie homo génétique. Nous avons maintenant l'explication du phénomène, appelé “de creuset”, tel qu'il se produit aux États-Unis où des éléments originaires de toutes les races européennes ont déjà obtenu, en un temps très rapide, et malgré une immigration presque continue, une relative homogénéité qui fait de sa population le nouvel ensemble ethnique dont les caractères propres sont nettement perceptibles. Au contraire, les Juifs, qui vivent en Europe depuis plus de deux millénaires, ont conservé, pour appartenir à une race essentiellement distincte au sein de la grande race blanche, des caractères propres qui les distinguent des populations aryennes. Il résulte de tout cela qu'on peut classer les groupes sociaux, d'un point de vue ethnique, en deux catégories : ceux qui sont racialement homogènes, procédant, ou bien d'un tronc unique, ou bien d'un "mélange" de races accidentellement différenciées, ou encore d'un métissage complet, et ceux qui sont racialement hétérogènes, parce que l'unification d'éléments constitutifs appartenant à des races essentiellement différenciées n'est pas encore terminée. Il en ressort également que l'unité ethnique d'un pays d'immigration dépend du degré de parenté des races qui composent sa population et du temps écoulé depuis leur mise en contact.

19. L'INÉGALITÉ DES RACES

Le degré d'homogénéité ethnique des sociétés humaines ne constitue pas l'unique facteur de classement dont doit tenir compte la biopolitique. Il y a aussi à considérer la valeur relative des races en présence. Il est étrange que ce problème ait été et soit encore l'objet de discussions si vives et qui persistent à fausser ses données avec des interprétations théologiques - métaphysiques - plus au moins discutables - qui n'ont rien à faire sur un terrain où ne doit régner que la seule observation objective. Les races sont inégales tout comme les individus. Quelle qu'en soit la raison - insuffisance originaire ou évolution postérieure mal dirigée - le fait consiste en ce que certains ensembles ethniques se montrent aujourd'hui incapables de créer une civilisation, et même d'assimiler celle qu'on lui fournit. Pourront-ils le faire dans l'avenir ? Nous l'ignorons, et encore dans ce cas leur actuelle infériorité subsisterait : l'enfant n'est pas l'égal de l'adulte, et plus encore s'il s'agit d'un enfant arriéré. Remarquons, d'un autre côté, que certaines races appelées primitives sont en réalité dégénérées, sans que le niveau de leur plus brillante époque ne se soit jamais élevé très haut. Mais : pourquoi insister ? Personne ne met en doute les faits : la grande race noire n'a engendré ni science, ni littérature, ni philosophie, ni théologie ; son art ne peut être comparé à ceux de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique ; son organisation politique est restée rudimentaire. Personne ne discute non plus le fait que les blancs, partout où ils se sont implantés, ont constitué un puissant facteur d'ordre et de progrès. Alors ? Certains défenseurs de l'égalité des races mettent à profit des cas individuels qui ne signifient absolument rien par eux-mêmes. Que tel chef de tribu africaine montre à l'évidence plus d'intelligence qu'un paysan commun d'Europe et plus de valeur morale qu'un délinquant chinois, et que le noir nord-américain Carver fut un grand chimiste, et même un bienfaiteur de l'humanité, tout cela implique simplement que les ensembles ethniques ne sont pas globalement supérieurs à l'échelle des valeurs, et que le premier des noirs ne vient pas après le dernier des jaunes ou des blancs. Mais quand nous considérons une race, c'est la communauté qu'elle représente qui nous intéresse, avec son élite et ses imbéciles, davantage et immédiatement en tant qu'ensemble organique, et non comme une somme d'individus. N'allons pas croire cependant qu'une telle comparaison entre des ensembles ethniques soit toujours aisée à faire, et que son résultat soit toujours indiscutable. Le concept de supériorité est essentiellement relatif à l'échelle de valeurs qui est acceptée ou créée. Si on décrète que la résistance à la chaleur constitue un critère plus important que l'intelligence, on devra alors admettre la supériorité de la grande race noire sur les autres, et spécialement sur la blanche... Nous frôlons ici le paradoxe. La difficulté, bien que certaine, ne témoigne pas d'une limite. Quand on vérifie, au contraire, tout au long de l'histoire, que les grandes races blanches et jaunes, et surtout la première, ont dominé partout où elles sont passées, ont créé des empires, des cultures et des techniques, il n'est pas facile de leur refuser la suprématie sur l'ensemble, même si leur supériorité peut être discutée sur tel ou tel autre point en particulier. D'autre part, une divergence de jugements sur la valeur relative de tel et quel ensemble ethnique ne contredirait pas du tout le fait de l'inégalité des races, l'unique réalité qui nous intéresse ici.

20. LA RACE ET LA COMMUNAUTÉ

Certaines allusions exceptées, nous avons considéré jusqu'à présent des ensembles ethniques homogènes ou non seulement ce qui était indispensable pour pouvoir jeter les bases théoriques de notre étude. Mais, dans la réalité de l'histoire passée et présente, l'ensemble ethnique et la communauté politique ne se confondent que très exceptionnellement : soit une race inclut différentes communautés, soit une communauté possède en son sein divers éléments ethniques. Puisque la société politique doit évidemment constituer le cadre de la biopolitique, même si nos conclusions nous obligent à juger défectueux le tracé de ses limites, nous avons maintenant à la considérer du point de vue ethnique. Soit, par conséquent, une communauté politique composée organiquement de groupes basiques, biologiques, économiques, religieux, etc., fédérés sous la forme d'une pyramide. Si cet ensemble est racialement homogène, ou au moins constitué d'éléments ethniques accidentellement distingués et en voie d'unification, comme c'est le cas des nations de l'Europe de l'Ouest et, l'importante minorité juive et l'infime minorité indienne exceptées, de l'Argentine, sa valeur dépend, sans discussion possible, du capital héréditaire commun. Nous ne voulons pas ainsi dire que les facteurs géophysiques, géopolitiques, institutionnels, économiques, religieux, culturels, linguistiques, etc., constituent de simples structures déterminées ou d'illusoires superstructures, et que seule la race donne à la communauté les conditions de son existence politique, mais simplement que ces facteurs voient leur efficacité et jusqu'à leur existence même subordonnées aux possibilités ethniques de l'ensemble. La race est, par conséquent, le substratum, modifiable dans la mesure où nous en avons déjà eu le besoin, de la vie de la communauté : une sorte de matière première qui n'est malléable seulement que dans certaines limites, et dont personne - un État communautaire aussi bien qu'un État conquérant - ne peut faire abstraction sous peine d'échec ; et cet échec sera sanctionné par une relative infériorité politique, laquelle provoquera avec le temps la dégradation biologique de l'ensemble considéré. Il nous semble étrange que l'homme de la rue comprenne sans difficulté que le climat a seulement une valeur relative par rapport à la race et que, par exemple, celui de l'Équateur, excellent pour les noirs, produit au contraire sur les blancs un effet débilitant, mais qu'on s'obstine trop souvent à considérer comme absolue la valeur de tel ou tel autre régime institutionnel. Il est certain qu'existent des lois politiques générales qui s'appliquent à toutes les sociétés humaines, précisément parce qu'elles sont humaines, et s'appuient sur un fonds commun ; mais chaque race possède les caractères propres qui sont exigés pour que se manifeste avec toute sa force un ordre particulier.

21. LES COMMUNAUTÉS POLYETHNIQUES

La précédente remarque se réfère seulement aux sociétés politiques de race homogène. Mais il arrive que, par le jeu des diverses circonstances historiques, une communauté comprenne parfois des individus et des groupes appartenant à des grandes races distinctes ou des ensembles ethniques essentiellement différenciés. Soit que les races en présence soient indubitablement inégales, comme par suite de la rencontre de blancs et de noirs par exemple ; soit qu'elles soient seulement différentes ou inégales à l'égard d'une échelle de valeurs sujette à discussion. La valeur de telle communauté polyethnique dépend évidemment des éléments raciaux qui la composent. Mais est-il exact de dire, comme dans le cas d'une communauté ethniquement homogène, qu'elle émane de son capital héréditaire ? Non, puisque ne sont pas en jeu un seul, mais plusieurs patrimoines héréditaires différents, souvent rendus inégaux, qu'ils agissent par leur présence, mais aussi par leurs relations. Ainsi, les noirs des États-Unis diminuent, par les problèmes que leur existence suscite, la valeur politique de la communauté dont ils font partie, tandis que les noirs de l'Angola fournissent à cette province portugaise une main-d'oeuvre sans laquelle elle ne pourrait même pas subsister. Pourquoi une telle différence ? Simplement parce que, dans le premier cas, les institutions ne correspondent pas à la réalité. Les lois fédérales nord-américaines ne tiennent pas compte de l'existence, et encore moins encore de l'inégalité de fait des deux ensembles ethniques associés : elles sont élaborées pour les blancs et appliquées telles quelles aux noirs, ce qui constitue une sottise engendrant toutes les difficultés qu'on connaît. La vie en commun, dans la même communauté politique, de races inégales n'est pas nécessairement un facteur d'infériorité. Certes, une nation ethniquement unitaire possède, en plus de sa valeur essentielle, une efficacité particulière dans l'action comme dans la résistance. Mais elle n'est pas toutefois l'efficacité de ce qui est : il serait stupide de l'acquérir par métissage aux dépens de l'être de la race dominante. Une communauté polyethnique possède la valeur de sa composante supérieure augmentée des possibilités de l'inférieure, tandis que la fusion établirait l'unité à un niveau intermédiaire entre les deux races originaires. Un état préjudiciable d'hétérogénéité serait de plus créé, durant quelques générations. Remarquons, d'autre part, que l'unité ethnique et l'unité politique ne se confondent pas. La cohésion politique de la communauté dépend de l'organisation sociale et du pouvoir de l'État dont dépend la synthèse des forces en jeu. Quand les ensembles ethniques inférieurs sont maintenus en un lieu qui correspond à leur valeur fonctionnelle au sein de la société dont ils font partie, ils ne menacent pas l'unité, mais ils contribuent au contraire à la consolider, puisqu'ils représentent des forces utiles au faisceau communautaire. Le problème ethnopolitique des relations interraciales se pose seulement à partir du moment auquel un ou plusieurs éléments constitutifs échappent à l'ordre social et tendent à occuper un lieu qui ne correspond pas à leur valeur intrinsèque et à leur plan organique, c'est-à-dire qu'ils refusent d'occuper leur fonction propre au sein de la communauté.

22. LA SPÉCIALISATION RACIALE DANS UNE SOCIÉTÉ ORGANIQUE

Les libéraux qui prêchent et imposent souvent l'égalité politique des races oublient que, bien que certains droits soient inhérents à la nature de l'homme, et d'autres à la valeur individuelle, les droits proprement politiques ne correspondent pas seulement aux obligations, ce qui constitue l'aspect moral du problème, mais comprennent pour le moins une certaine fonction sociale. Mais des fonctions d'inégale importance au sein d'une communauté en voie de développement exigent d'être occupées par des individus de capacités inégales. N'est-il pas logique et possible de concevoir une communauté polyethnique dans laquelle certaines fonctions seraient organiquement réservées à tel ensemble racial qui manifesterait pour celles-ci des aptitudes particulières ? La race inférieure ou simplement inassimilable trouverait sa place dans la société politique et jouirait des droits correspondants, et seulement de ceux-ci. Des exemples historiques d'organisations comparables ne manquent pas. Le plus connu est, sans doute, celui des États-Unis avant la guerre de Sécession. Les noirs occupaient des fonctions subalternes déterminées. Ils possédaient, en contrepartie, le droit d'être nourris, logés et habillés, encore dans la vieillesse ; d'être assistés en cas de maladie et toujours protégés. Utiles à la communauté dont ils faisaient partie, personne ne pensait à les exclure d'elle ni à les détester. Quand la victoire du Nord libéral eut supprimé cette spécialisation raciale et cassé l'ordre fonctionnel polyethnique, les noirs n'ont pas acquis, bien sûr, les capacités dont le défaut les avait fait placer au niveau le plus bas de l'échelle sociale ; à quelques exceptions individuelles près, ils ont continué à être des ouvriers et des domestiques, et ils le sont encore aujourd'hui, cent ans après.

Ils ont par conséquent conservé les fonctions pour lesquelles ils étaient prédisposés. Mais ils ont perdu les droits correspondants : les noirs prolétaires ne connaissent ni la sécurité, ni la retraite et la stabilité. Il leur est reconnu les mêmes droits politiques qu'aux blancs, ce qui fait qu'ils se sont crus alors égaux. On a créé, par leurs revendications, un danger pour une communauté dans laquelle ils n'apparaissaient plus comme nécessaires : de là les réactions souvent brutales dont ils souffraient et dont ils souffrent des effets. De même qu'un ensemble de cellules (1) qui perd sa fonction organique, les noirs des États-Unis se sont transformés en vrai cancer social. Il est vain de se le reprocher comme de s'en s'indigner. Il ne s'agit pas de culpabilité ni de bons sentiments, mais d'une situation ethnopolitique dont nous connaissons les causes et à laquelle il faut remédier, ce qui est encore possible, par une refonte de la communauté.

23. L'ESCLAVAGE

Pendant des siècles, l'esclavage a résolu le problème, plus exactement, a empêché qu'il se pose. Par une contrainte effective ou théorique, les noirs étaient assimilés aux familles blanches dont on convertissait une partie dans une position subordonnée. La société esclavagiste n'était pas par conséquent constituée de deux ensembles raciaux juxtaposés, mais d'une multitude de cellules familiales bi-ethniques. Certes, le système n'était pas parfait, loin de là, et de nombreuses réformes s'imposaient. Mais il s'impose de juger de l'esclavage du point de vue politique, c'est-à-dire à l'égard de sa fin : la vie en commun harmonieuse de deux ou de plusieurs races au sein d'une même communauté. Nous ne pouvons pas douter que le système maintînt entre blancs et noirs des relations organiques fonctionnelles conformes à la valeur relative des groupes ethniques en contact, bien qu'il ne s'agisse pas toujours des individus qui les composaient. L'esclave était incorporé à la société ; on ne le traitait pas comme un paria ou comme un ennemi ; il bénéficiait en général, compte tenu du niveau de vie de l'époque, d'une position supérieure à celle du prolétaire qu'il est aujourd'hui. Le maître n'était pas protégé contre les conséquences d'une éventuelle lutte des races, mais aussi et surtout contre l'oubli possible de sa supériorité ethnique. Le système esclavagiste complétait, en effet, l'inégalité de fait des races avec une inégalité de droit. Le blanc pouvait commettre un impair avec une noire : le petit mulâtre, quelle qu'était sa couleur de peau, ne passait pas la barrière ethnique - sociale. Le métissage améliorait par conséquent la race inférieure sans que n'ait jamais été contaminée la race supérieure. Cependant, qu'il soit approuvé ou non, l'esclavage appartient au passé, et il n'est pas possible de le réintroduire, ne serait-ce que pour la simple raison que la famille semi patriarcale qu'il suppose n'existe déjà presque nulle part. Au moins devons-nous tirer la leçon de l'expérience : la communauté polyethnique est satisfaisante seulement quand l'ensemble inférieur est organiquement incorporé dans l'ensemble supérieur, sans pouvoir menacer l'intégrité raciale ci-dessus mentionnée.

24. LA SÉGRÉGATION

À défaut d'une véritable solution qui réponde à la loi biopolitique que nous venons d'énoncer, il n'en reste pas moins le recours à des palliatifs de défense. Est en effet un palliatif la ségrégation que nous voyons appliquer avec plus ou moins de réussite par les communautés polyethniques contemporaines qui n'acceptent pas l'idée de leur décadence par métissage. On cherche à séparer les races qui coexistent sur un même territoire et à éviter dans une certaine mesure leur contact, pour ne pas avoir pu l'organiser, ou ne le vouloir, c'est-à-dire atténuer un malheur que la société reconnaît être impuissante à supprimer. Soit la limitation des relations est une simple habitude, soit elle est légale. Nous le vérifions, très souple à New York, et stricte en Afrique du Sud. Mais elle est toujours démontrée insuffisante. D'abord parce qu'elle est peu sincère : le blanc veut écarter les noirs de sa famille, de son quartier, de sa voiture, ou de sa ligne de chemin de fer, mais non de son usine, parce qu'ils constituent une main-d'oeuvre bon marché pour certains travaux. Ou bien ils sont utilisés comme chair à canon.

Parfois l'hypocrisie libérale fait légalement subsister une égalité de droits, laquelle est niée en fait. Mais quand bien même la ségrégation serait-elle absolue, la race inférieure considérée comme inassimilable par statut, le mariage interracial interdit, et le métissage puni en tant que crime, tout cela ne constituerait pas encore une solution satisfaisante. Puisque la ségrégation forme des blocs raciaux qui, rapidement, en raison de la différence des conditions de vie, ou de la simple volonté du pouvoir, deviennent antagonistes. L'esclave noir n'était pas ni se sentait solidaire de l'ensemble de sa race, mais de la famille dont il faisait partie et dont il partageait le destin en droit et en fait. Le prolétaire noir est et se sent au contraire uni avec ses frères de race par une condition commune et un isolement partagé. Un esclave noir maltraité s'en prenait à son mauvais maître ; un prolétaire noir humilié proclame la lutte de races. Il n'y a que deux solutions valables : l'apartheid géographique, ou l'intégration des éléments ethniquement inférieurs dans une société organique, en leur donnant la possibilité de développer leurs potentialités à un degré maximal ; une possibilité qu'ils ne possèdent pas dans une société égalitaire, qui met en relief leur infériorité, au lieu de la compenser par un ordre social hiérarchique.

25. UNE DIALECTIQUE DES RACES DANS UNE COMMUNAUTÉ POLYETHNIQUE

Il existe donc au sein de toute communauté polyethnique, un double mouvement dialectique. D'un côté, excepté dans le cas d'une société organique parfaitement établie, la communauté raciale inférieure ou inassimilable maintenue sous tutelle proteste contre son état, s'oppose au groupe dominant, et lutte pour sa libération, sinon pour la suprématie politique. Mais, d'un autre côté, les deux communautés tendent à fusionner par métissage. Ce dernier processus a deux causes : l'attraction sexuelle, et le désir des inférieurs de s'approcher de leurs maîtres. Le premier phénomène est bien connu : on lui doit la plupart des métis. Le deuxième exige une explication. Il a été vérifié aux États-Unis que les métis se mariaient entre eux et que les noirs se mariaient de préférence avec des métisses aussi claires que possible. Au sein de l'ensemble, une sélection par conséquent intervient, qui agit en faveur de la reproduction de métis de plus en plus proches du type blanc. Il se produit ainsi la naissance de plus en plus fréquente de "noirs blancs", c'est-à-dire d'individus métis qui possèdent les apparences de blancs. De là le phénomène du passing, par lequel des métis avérés, en changeant le lieu de leur résidence, réussissent à se faire passer pour blancs, se marient dans la population blanche et introduisent ainsi en elle des gènes mélaniques. Le passing n'est possible, évidemment, que faute d'une discrimination ethnique légale. Mais il existe, et les États-Unis sont en voie de "négrification". Le mélange complet donnerait une nouvelle race qui manifesterait, vraisemblablement, des qualités qu'on se représente que la population blanche actuelle ne possède pas. Mais il ferait irrémédiablement disparaître l'énergie et le pouvoir créateur qui caractérisent les peuples aryens. Remarquons, d'un autre côté, que ce processus de métissage est très lent, surtout aux États-Unis où la conscience de race est très développée, mais où la prolifération des noirs, supérieure à celle des blancs, augmente constamment le pourcentage d'Africains dans la société nord-américaine. Si les mesures ethnopolitiques indispensables ne sont pas prises, on peut prévoir le jour où, non seulement une fraction importante des blancs, ou appelés tels, aura un sang mélanique, mais, plus encore, où les mulâtres domineront numériquement la population blanche, comme cela arrive déjà au Brésil.

26. UNE DIALECTIQUE DES RACES DANS LE MONDE

La prolifération des races inférieures et la stérilité relative des races supérieures sont telles qu'elles n'intéressent pas seulement les communautés polyethniques, mais le monde entier. Les quelques avertissements, au cours de la première moitié de ce siècle, qui ont mis en garde l'Europe contre le "danger jaune", ont fait sourire. On n'a pas eu besoin de beaucoup de temps pour que la réalité fût établie de manière évidente. Les nations blanches déjà ne sont même plus contraintes de se défendre, mais déclinent. Elles ont perdu presque tous leurs territoires coloniaux. Un jour les blancs seront pourchassés sur leur propre sol par des peuples inférieurs en qualité mais supérieurs en nombre. Les Européens ont réveillé les jaunes de leur sommeil millénaire, ont empêché les noirs de se tuer entre eux et ils les ont contraints à produire toujours plus d'aliments. En apportant l'hygiène et la médecine aux peuples inférieurs, ils ont multiplié leurs adversaires d'aujourd'hui et de demain, et ils ont ainsi cassé l'équilibre ethnique de la planète. Sont désormais blancs ceux qu'ils ont promus et continuent de promouvoir, contre les autres blancs, dans les insurrections coloniales. Mais tout cela ne serait pas très grave si les aryens avaient conservé leurs qualités ancestrales : à la guerre entre des nations blanches succéderait la guerre entre le monde blanc et le monde de couleur. Malheureusement, il ne semble pas qu'il en soit ainsi. La dégénérescence de la grande race blanche est déjà si profonde, et son mépris des lois les plus élémentaires de la biopolitique si général que l'on se demande s'il est encore temps de réagir.

 

III. LA GÉNOPOLITIQUE

27. UNE BIOPSYCHOLOGIE ET UN ORDRE SOCIAL

Considérons maintenant une communauté de race homogène ou dans un processus d'homogénéisation suffisamment avancé pour qu'il ne soit pas nécessaire de prendre en compte en son sein des groupes ethniques différenciés. Si nous l'examinons d'un point de vue sociologique, elle nous apparaîtra comme l'ensemble des groupes sociaux et des associations entrelacés et croisés qui occupent diverses fonctions et dont nous pouvons tracer le schéma organique. Est-ce que celui-ci nous donnera une idée complète de la société en question ? Non, puisque celle-ci est formée, en dernière analyse, par des individus distribués dans les groupes métissés dont ils constituent la matière première humaine. Ces individus sont différents et inégaux par les caractères biologiques et psychiques qu'ils possèdent. Leurs différences et leur inégalité se répercutent nécessairement sur les groupes sociaux dont ils font partie. Le sociologue et, à plus forte raison, le spécialiste de science politique, ne peuvent pas par conséquent ignorer la biopsychologie, c'est-à-dire la discipline qui étudie l'homme dans son unité et son intégralité ; non pas l'Homme abstrait, que de Maistre disait n'avoir jamais trouvé en aucune façon, mais l'homme réel, avec ses caractères généraux, mais aussi avec ses particularités. La race n'est, par conséquent, rien d'autre que l'une des données du problème biopolitique. Si nous l'éliminions de nos analyses futures pour être commune à l'ensemble social considéré, il nous resterait à établir les relations qui existent ou devraient exister entre les groupes sociaux et la nature biopsychique des êtres qui les composent. Puisque ces groupes sont essentiellement fonctionnels, notre recherche tendra à établir logiquement leur spécialisation organique sur la base de la différenciation biopsychique des individus. Telle est la tâche de la génopolitique.

28. LA SPÉCIALISATION SOCIALE BIOPSYCHIQUE

Bien que de nos jours il ne soit pas facilement admis dans ses conséquences, le principe de la spécialisation sociale biopsychique a une validité dans toutes les sociétés existantes. Aucune communauté n'ignore les différences d'âge de ses membres. Partout l'adolescence est réservée à l'étude, la maturité au travail et la vieillesse au repos. Considérez l'absurdité qui résulterait de l'inversion de cet ordre ! L'âge est l'un des facteurs essentiels de la différenciation biopsychique : l'enfant n'a pas les mêmes possibilités physiques et les mêmes dispositions psychiques que l'homme mûr et l'homme mûr que le vieillard. De manière plus générale, la division du travail dans toute société organisée se fonde, dans une certaine mesure, sur les capacités particulières des individus : les professeurs ne sont pas choisis pour leurs muscles, ni les arrimeurs pour leur sens esthétique. Par conséquent, l'ordre fonctionnel prend nécessairement en compte les dispositions individuelles ou, mieux, s'appuie sur elles, et personne ne le met en doute. Cependant, on proteste fréquemment contre l'inégalité fonctionnelle des sexes, qui est au moins aussi manifeste. La fonction de reproduction est si essentielle pour la communauté que, sans elle, elle disparaîtrait d'ici à quelques décennies. Considérez le bien : les constitutions biologiques de l'homme et de la femme sont différentes et leurs conséquences sociales le sont aussi : est une mère celle qui porte l'enfant en son sein et lui donne à téter. Par conséquent, elle n'est pas disponible pour un travail régulier de production, et il est naturel que le foyer prenne soin d'elle. D'un autre côté, la conformation corporelle et les qualités psychiques qui lui sont liées ne sont pas plus identiques chez la femme et l'homme que pour la vache et le taureau, si cette comparaison nous est permise. Personne ne songerait à faire se battre des vaches dans le sable. Pourquoi alors donner aux femmes les mêmes fonctions sociales qu'aux hommes ? Les femmes ne sont pas faites pour combattre, ni pour commander, ni pour créer. À juste raison il a été remarqué, dans le domaine artistique, qu'aucune femme n'a jamais été un grand compositeur, bien que l'exclusivité de la culture musicale est réservée, à peu d'exceptions près, au sexe féminin. Nous avons, cependant, à exprimer la même réserve que pour ce qui est des ensembles raciaux : des femmes supérieures à beaucoup d'hommes existent, du point de vue de l'énergie combative, de la capacité de commandement et du pouvoir de création. Cela n'invalide pas la différenciation fonctionnelle qui correspond naturellement au sexe.

29. LA FAMILLE

Cette spécialisation consolide avant tout la famille, groupe biopsychique théoriquement complet, produit de l'union de l'homme et de la femme. La famille est un groupe fonctionnel caractérisé : elle a pour tâches primordiales la procréation et l'éducation des enfants. Nous savons, par nos analyses du chapitre I, que l'être humain reçoit de ses parents la totalité de sa dotation héréditaire. Par conséquent, il n'est pas seulement un héritier par ce qu'il acquiert après sa naissance, mais aussi et avant tout par ce qu'il est. Il en ressort ainsi paradoxalement que des millions d'éducateurs dans le monde se consacrent à orienter l'enfant entre ses potentialités bonnes et mauvaises, tandis que personne, ou presque personne, ne se préoccupe de la sélection des parents d'où proviennent ces possibilités, tandis que la sélection pratiquée se fonde sur des considérations économiques qui n'ont pas grand chose à voir, surtout dans la société moderne, avec les réalités biopsychiques. L'histoire récente a connu, cependant, certaines formes valables de sélection que la tradition perpétua dans une certaine mesure, malheureusement de plus en plus restreinte. La noblesse se transmettait, sous l'ancien Régime, par l'hérédité paternelle : on oubliait que la mère donne à l'enfant autant de gènes que le père. Mais la coutume complétait en général la loi et les mésalliances étaient exceptionnelles. Quelques ordres militaires se montraient plus stricts sur ce point et exigeaient de leurs membres au moins quatre quartiers de noblesse. Encore de nos jours, à peu d'exceptions, les vraies familles européennes s'unissent indéfiniment entre elles. Remarquons enfin que l'histoire la plus éloignée nous parle de certaines familles qui, isolées pour des raisons ethniques ou simplement biopsychiques dans une population inférieure, conservaient par une étroite consanguinité leurs qualités particulières : c'était le cas des familles impériales du Pérou et, pour autant qu'on le sache, de la dernière dynastie de l'Égypte.

30. LE LIGNAGE

La famille peut, par conséquent, se perpétuer par des unions successives totalement ou relativement consanguines, et constituer ainsi un lignage qui conserve un faisceau de qualités biopsychiques déterminées. Ce phénomène n'est pas propre à telle ou telle autre couche sociale. Il existe des lignages ouvriers et champêtres comme des lignages aristocratiques, et la notion de mésalliance vaut à tous les niveaux de l'échelle sociale. Même si, en fait, c'est souvent le résultat de préjugés, au sens propre du mot, cette notion possède de solides bases scientifiques et correspond à un réel danger de destruction du lignage. Introduire dans celui-ci un élément inconnu ou simplement étranger, c'est faire une expérience sur laquelle on ne pourra jamais revenir. Quelle sera la synthèse biopsychique qui en résultera ? La prévision sur ce point nous est interdite, au moins pour le moment. La conservation endogamique du capital héréditaire traditionnel assure, au contraire, sauf cas de dégradation, l'unité au cours du temps du type familier, physique et psychique. L'existence d'un tel type ne peut être niée dans les lignages homogènes. Même le langage courant l'admet, quand il recourt à l'expression : un "air de famille". L'histoire connaît des lignages d'artisans, de paysans, d'industriels, d'artistes, d'hommes d'État, de chefs de guerre, etc. Le lignage est, par conséquent, l'ensemble biopsychique héréditaire différencié. Il ne se distingue pas dans son essence de la race. Ainsi que nous l'avons vu, les grandes races sont divisées en ensembles secondaires, et nous voyons maintenant que ceux-ci se subdivisent en lignages. Maintenant nous saisissons mieux l'unité de la biopolitique. Nous comprenons mieux aussi qu'il ait fallu prendre en compte, pour instituer un ordre social organique, non seulement les divers ensembles ethniques qui peuvent coexister dans une communauté, mais aussi les ensembles biopsychiques, de même nature mais de degré distinct, dans lesquels les ensembles raciaux homogènes sont divisés.

31. LA STRATIFICATION SOCIALE

Nous verrons plus loin comment se distinguent les lignages. Mais nous avons à remarquer tout de suite que, excepté dans les cas de stricte consanguinité, ils ne se forment ni se maintiennent dans l'isolement. Les unions entre des lignages de même hiérarchie, sinon de même valeur, et souvent de même fonction sociale, produisent avec le temps une homogénéisation qui les unifie en un plus vaste ensemble : c'est là l'origine de la caste d'ancien Régime (excepté, bien sûr, en ce qui concerne le clergé catholique, de nature distincte), avec ses subdivisions ; c'est aussi, à un degré plus restreint, celui de la classe contemporaine. La classe, dans une communauté ethnique homogène, peut être comparée avec la race de la communauté métissée, mais avec une différence fondamentale : la race est nécessairement fermée, parce qu'elle est fondée par une synthèse particulière de caractères raciaux essentiellement différenciés qui ne peut être modifiée. Au contraire, la classe peut être ouverte aux mutants parce que les caractères biopsychiques qui lui appartiennent en propre sont accidentellement différenciés, ce qui ne signifie pas que c'est le produit du hasard, mais simplement qui sont nés et peuvent encore naître par l'action du milieu. Les classes sociales modernes n'ont pas complètement conservé la nature biopsychique des classes. La société libérale a favorisé l'accès à la classe dirigeante d'éléments inférieurs, mais soumis, consciemment ou non, à la volonté de l'oligarchie capitaliste. Elle a permis l'élévation sociale par la fortune. En même temps, elle a abaissé vers les classes inférieures, ou maintenu dans celles-ci, les éléments dynamiques qu'elle considérait dangereux en raison de leur valeur. Il ne cesse pas d'être vrai, comme Carrel le remarque très justement, que les paysans qui sont restés attachés à la terre malgré avoir été appelés à l'usine l'ont fait parce qu'ils possédaient les qualités et les lacunes qui les rendaient aptes à telle manière de vivre. De la même manière, l'ouvrier qui se montre incapable de devenir employé souffre manifestement d'une insuffisance organique et psychique. Tout le monde admet le fait, même imparfaitement, de cette nature biopsychique des couches sociales, en reconnaissant l'existence des types physiques et mentaux qui les expriment. Il existe un type champêtre, un type prolétaire, un type bourgeois, un type aristocratique, etc., si différents les uns des autres que certains ont cru pouvoir les expliquer exclusivement par des origines raciales distinctes.

32. L'ORIGINE DE LA STRATIFICATION SOCIALE

Telle est, en particulier, la thèse de Gobineau : la stratification sociale serait le produit de la conquête militaire et de la soumission des vaincus. Ainsi, en France, la noblesse proviendrait des envahisseurs allemands de race nordique, grands, blonds et dolichocéphales, tandis que le reste de la population serait gallo-romaine, avec une prédominance numérique de l'élément blanc, de petite taille, brun et brachycéphale. Cette explication, établie en fonction du profil ethnique de son auteur, et par analogie avec le système indien des castes, si on fait abstraction de l'élément roux, n'est pas historiquement inexacte. Il reste en effet démontré que l'aristocratie féodale française s'est constituée de l'union des chefs barbares et des patriciens gallo-romains, et que d'autre part elle s'est accrue numériquement et renouvelée tout au long des siècles par d'innombrables ennoblissements. Cela n'invalide pas le fait de la suprématie sociale du type dolichocéphale, et Vacher de Lapouge l'a solidement établi sur des bases statistiques : la taille sert d'intermédiaire, et la proportion de hautes tailles ainsi que celle de dolichocéphales s'accroissent avec le niveau social. Selon le sociologue ci-dessus mentionné, la raison d'un tel phénomène serait simplement la supériorité du type nordique qui se conserverait malgré le mélange des races, et elle se concentrerait dans les classes dirigeantes desquelles il éliminerait, dans une certaine mesure, par sélection, le type alpin. Une telle interprétation ne tient pas compte de la variabilité des caractères étudiés par Vacher de Lapouge. Nous avons aujourd'hui toutes les  raisons de croire que l'index céphalique est modifié par l'action du milieu : il semble avoir été démontré que les enfants d'immigrants dolichocéphales et brachycéphales tendent, à New York, au type mésocéphale. Nous savons aussi que la taille n'est pas un facteur héréditaire immuable et que, en général, la vie urbaine détermine son accroissement. Enfin, le même Lapouge démontre que la dépigmentation des cheveux et de la peau provient d'une atrophie pathologique produite par les climats froids et brumeux, et qu'elle est correctible, bien qu'héréditaire, par changement des conditions de vie. Par conséquent, il semble clair que la stratification sociale dépend de facteurs accidentellement différenciés et qu'elle est le produit de la double transformation des types antérieurement constitués qui fusionnent par affinités et capacités, et du milieu fonctionnel qui transforme, lorsque cela se produit, les êtres qui en subissent la pression.

33. DIFFÉRENCIATION HÉRÉDITAIRE ET SPÉCIALISATION FONCTIONNELLE

Examinons le premier point. Soit une société en formation, telle que celle de la "frontière" nord-américaine à la fin du siècle dernier. N''allaient à l'Ouest que les hommes aventureux et entreprenants. Ceux qui possédaient une âme de chef, une constitution physique adéquate et une intelligence suffisante rassemblaient naturellement autour d'eux les individus forts et valeureux mais incapables de diriger une opération contre les indiens et de conquérir un territoire dans la prairie. D'autres, intelligents, mais moins audacieux ou incapables de commander, ouvraient des magasins. La spécialisation fonctionnelle, dans un milieu où n'opéraient presque pas la fortune et les conventions, s'est faite, par conséquent, sur la seule base des capacités biopsychiques des individus, exactement comme dans le haut Moyen-Âge européen. Le même phénomène ne se produit évidemment pas dans les sociétés organisées, et mal organisées, d'aujourd'hui. L'ordre établi pèse sur la forte individualité qui tente de s'élever, tandis qu'il maintient artificiellement des êtres inférieurs à un niveau qui ne correspond pas à leurs capacités réduites. Mais si nous considérons déjà les ensembles, et non les individus, nous vérifions qu'il existe encore, en général, une concordance entre la fonction et la dotation héréditaire de celui qui l'occupe. Et cela se produit simplement parce que, dans la société contemporaine comme à la "frontière", bien qu'à un degré moindre, la fonction requière des caractères biopsychiques particuliers. Dans le régime le plus égalitaire, il n'est pas possible de désigner un chauffeur commandant d'un navire. La stratification sociale se fonde, par conséquent, sur la sélection biopsychique d'individus qui répondent aux exigences des diverses fonctions. De ce point de vue, il est par conséquent exact de dire, avec Vacher de Lapouge, que les couches sociales "attirent" des êtres d'un type déterminé.

34. UNE VARIABILITÉ HÉRÉDITAIRE PAR LA FONCTION

Mais ce point de vue est insuffisant. Quand le développement de l'industrie a multiplié les usines, il n'existait aucun type prolétaire héréditaire qui servait de norme au recrutement. Les industriels sont allés chercher leurs ouvriers chez les paysans, d'un type fixé au cours des siècles et d'un mode de vie sans changement. Certes ils ont attiré en premier lieu les moins capables, les "moins paysans", mais plusieurs autres ont suivi l'exemple, ceux qui étaient pourtant parfaitement adaptés au travail de la terre. Cependant, nous voyons aujourd'hui une classe prolétarienne aussi différenciée bio-psychiquement que possible de la population champêtre. De la même manière, pour en revenir à notre exemple précédent, l'aristocratie européenne de l'ancien Régime avait un type très différent de celui duquel la bourgeoisie, au sens propre du mot, était continuellement recrutée. Vacher de Lapouge remarque à juste raison que les chroniqueurs de l'époque décrivent toujours le seigneur médiéval comme grand, svelte et blond, tandis que le roturier apparaît comme petit, trapu et brun. Les qualités mentales n'étaient pas, bien sûr, moins distinctes. Sans doute, certains ennoblis étaient individuellement mutants, distincts de leur classe d'origine. Mais la plupart se distinguaient de leur milieu primitif uniquement par le degré de leurs qualités : ils se montraient plus valeureux, plus audacieux, plus intelligents, plus aptes au commandement, et physiquement moins lourds que la majorité de leurs pairs. Quelques générations suffisaient, avec l'aide des mariages, pour incorporer les nouveaux venus dans l'ancienne noblesse, sans que les caractéristiques ci-dessus mentionnées ne fussent modifiées. Le phénomène n'a rien de surprenant. Les ennoblis et leurs descendants recevaient la pression du nouveau milieu dans lequel ils vivaient. Au lieu d'obéir, ils commandaient. Au lieu de pousser la charrue ou au lieu de manier l'outil, ils se déplaçaient à cheval et combattaient. Au lieu de se nourrir principalement de farine et de viande d'animaux domestiques, ils mangeaient les produits de la chasse et souvent remplaçaient l'eau par l'alcool. Les valeurs morales auxquelles ils étaient déjà soumis n'étaient pas les mêmes. Leur corps et leur esprit se transformaient par l'adaptation à leur nouvelle existence. Des paysans ou des bourgeois se permutaient les uns dans les autres, et nous comprenons maintenant la double relation qui existe entre la fonction et le type humain. La fonction attire et par conséquent sélectionne les êtres qui possèdent le type correspondant à ses nécessités, mais le type relativement inadéquat s'adapte à la fonction et est modifié sous son influence. S'il est exact de dire que, dans une communauté d'homogénéité encore imparfaite, la permanence ethnique constitue, comme les changements biopsychiques, un facteur de la spécialisation fonctionnelle, il n'en faut pas moins considérer que la fonction crée la "race", c'est-à-dire forme les ensembles biopsychiques homogènes comme processus semblable à celui dont naissent accidentellement les ensembles ethniques différenciés.

35. L'IMPORTANCE DE LA DIFFÉRENCIATION FONCTIONNELLE

La typologie fonctionnelle des ensembles sociaux est, par conséquent, relative, comme celle des races : elle s'appuie sur la fréquence d'apparition de caractères qui ne se trouvent qu'exceptionnellement tous ensemble chez la même personne. Il est facile, et la sociologie comme la psychologie l'ont souvent fait, de vérifier l'existence, non d'un type fonctionnel dans un ensemble, mais de divers types, ainsi que d'établir sur des bases expérimentales les ressemblances qui sont fondées sur tel ou tel autre terrain entre des types appartenant à des ensembles distincts. Entre l'aristocrate et l'intellectuel de la "classe moyenne", il peut y avoir, et en général il y a moins de différence sous tel ou tel autre point de vue qu'entre cet aristocrate et l'hidalgo, tandis que celui-ci ressemble souvent davantage, dans ce qui le rattache à tel ou tel autre caractère, aux paysans plutôt qu'à ses pairs. Qu'est-ce que cela signifie ? Simplement que chaque classe, ou une classe en particulier, comprend en réalité une multitude de professions diverses qui constituent les sous catégories fonctionnelles auxquelles correspondent des types biopsychiques différenciés. La noblesse comprend des hommes d'État, des militaires, des diplomates, des intellectuels, des paysans ; le prolétariat, des arrimeurs, des mécaniciens, des graveurs, etc. Les classes moyennes sont encore plus complexes. Mais certaines professions sont communes à certaines strates : des caractères communs répondent par conséquent à des caractères différenciés. Il sera affirmé à juste raison de l'hidalgo qu'il est un paysan, mais on ne le confondra pas avec des paysans d'une autre extraction sociale, quand bien même ils seraient infiniment plus riches que lui. Autrement dit, la hiérarchie se fonde sur la différenciation professionnelle, mais celle-ci agit cependant à différents niveaux de la stratification sociale. Une différenciation verticale existe, par conséquent, - hiérarchique - et une différenciation horizontale - professionnelle - qui additionnent leurs effets. D'une manière générale, la première est la plus profonde. Il sera plus facile à un arrimeur de devenir mécanicien plutôt que diplomate, comme aussi à un hidalgo de devenir militaire plutôt qu'employé chez un cultivateur. Si on doute de l'efficacité de la différenciation fonctionnelle héréditaire, qu'on se rappelle la phrase, ultérieurement démentie, de Trotsky sur "l'incapacité congénitale du prolétariat à devenir une classe dirigeante", ou qu'on mette en parallèle quelques portraits choisis au hasard de membres de l'ancienne aristocratie russe avec les photographies de quelques leaders de l'actuelle bureaucratie sortie des couches inférieures de la population sans que le temps n'ait pu réaliser son oeuvre. La stratification biopsychique de la société est si accentuée qu'elle arrive à surpasser parfois, sans les détruire, bien sûr, les différences entre grandes races. Un aristocrate japonais, de taille relativement élevée, à crâne allongé, à visage expressif, aux yeux droits, et avec des qualités de commandement, de courage et d'honneur, est souvent plus proche, même d'un point de vue physique, d'un aristocrate européen que de son compatriote de type biopsychique grossier, de petite taille, à yeux obliques et au nez écrasé.

36. LA SÉLECTION NATURELLE

Il doit rester bien compris, cependant, que la différenciation fonctionnelle ne s'opère que dans le cadre de l'ensemble ethnique considéré. Elle actualise, par sélection et formation, les potentialités de la matière première humaine dont elle dispose, celles qui dépendent essentiellement de la race. Mais nous avons à ajouter : et de l'état présent de cette race. Il n'est pas indifférent, en effet, qu'elle soit jeune ou vieille. Une race est jeune quand les conditions de vie de ses représentants se sont conservées dans leur simplicité et ne les ont pas beaucoup contraints à s'adapter, ni, par conséquent, à beaucoup choisir entre leurs possibilités naturelles. Une comparaison nous fera mieux comprendre le problème : un enfant très doué peut choisir entre une formation scientifique et une culture humaniste, mais un homme de soixante ans sera incapable de revenir sur le choix qui a orienté son esprit d'un seul coup une fois pour toutes, et tout changement fonctionnel restera à ce sujet inopérant. Il n'est pas non plus indifférent qu'une race soit forte ou dégénérée, puisque ses caractères distinctifs possèdent un degré qualitatif primordial, et ce degré, comme les caractères semblables, n'est pas identique chez tous les membres de l'ensemble ethnique observé à un moment déterminé de son histoire. Certains individus sont sous-alimentés, alcooliques, syphilitiques, ou simplement faibles. Au contraire, d'autres sont en pleine possession de toutes les capacités de la race. Dans des conditions primitives d'existence, les faibles disparaissent avant d'avoir pu procréer. La "matière première" sur laquelle agit la différenciation fonctionnelle possède, par conséquent, par le jeu d'une sélection naturelle, un maximum de possibilités. Le même phénomène ne se produit pas aujourd'hui. L'ordre social biopsychique n'exige pas seulement la différenciation fonctionnelle, mais aussi et avant tout l'élimination des éléments inférieurs, c'est-à-dire du résidu fonctionnellement inutilisable ou socialement dangereux. Sans une telle épuration, la race s'éteint. L'éventuelle naissance d'un caractère héréditaire ne compense pas la décadence biopsychique de l'ensemble de la communauté. Il ne semble pas, d'autre part, que les siècles précédents, qui ont bénéficié des effets de la sélection naturelle, ont été plus pauvres en hommes supérieurs que le nôtre.

37. LA DIFFÉRENCIATION ÉCONOMIQUE

Le monde contemporain est très loin de vivre dans l'état de nature. Sa structure sociale ignore les lois de la biopolitique, malgré les nombreuses permanences d'une organisation antérieure fondée sur la différenciation biopsychique, et bien que les réalités de la nature humaine s'imposent souvent aux utopies égalitaires. Remarquons, d'un autre côté, que, dans la mesure où elles triomphent, les lois ci-dessus mentionnées ont seulement un caractère destructif et se montrent incapables de remplacer par une construction cohérente l'ordre ancien des choses. La société libérale n'a pas établi l'impossible égalité. Elle s'est limitée à remplacer la différenciation biopsychique par une différenciation économique qui a confondu toutes les valeurs. Au lieu d'être un instrument mis à la disposition de la classe dirigeante, la richesse est devenue un moyen de parvenir au pouvoir dans la société. En d'autres temps, quelqu'un était riche parce qu'il occupait une fonction de commandement ; aujourd'hui, dans la société libérale, quelqu'un commande parce qu'il a de l'argent. La stratification sociale est déterminée par la différence économique qui sépare les classes. Le système qui fait de l'argent, au lieu de la valeur unie à la fonction, le critère de la hiérarchie sociale constitue sans aucun doute, du point de vue biopolitique, la pire des aberrations.

38. LA SÉLECTION À L'ENVERS

De même que le capitalisme libéral s'est obstiné à détruire l'ordre qualitatif de la société, la civilisation moderne s'est efforcée de supprimer la sélection naturelle. Les conditions artificielles de la vie qu'elle a créée permettent la survie d'individus bio-psychiquement inférieurs, qui auraient en d'autres temps disparu. La médecine, s'il lui arrive, parfois, de sauver des êtres de valeur, des victimes d'accidents biologiques, soutient le plus souvent les faibles, les tarés et les dégénérés, leur permettant ainsi de vivre, ce qui n'importe pas beaucoup, mais aussi de procréer et de corrompre les générations futures. Parallèlement à cette action antinaturelle de laquelle profitent des éléments nocifs pour la communauté, le monde moderne pratique une véritable sélection à l'envers. Les guerres d'autrefois étaient peu sanglantes. Elles exigeaient les qualités physiques et morales dont le manque déterminait la mort. Elles produisaient, par conséquent, une sélection naturelle violente, en particulier dans la noblesse qui gagnait en vigueur ce qu'elle perdait en nombre. Aujourd'hui, la guerre exige de moins en moins de valeur de ceux qui la font. Atrocement meurtrière, elle atteint dans son ensemble la jeunesse qui compose les troupes de choc. Chez elle, le courage est un facteur de mort. Les meilleurs éléments sont sacrifiés au profit des faibles et des lâches, qui restent derrière. La guerre sociale et les troubles qui en sont la conséquence ont un effet encore plus manifeste. L’Aristocratie, produit d'une sélection millénaire, est éliminée par massacre, expulsion ou introduction de conditions de vie qui provoquent sa rapide dégradation. Enfin, la guerre civile tue les volontaires qui, par leur seule présence en première ligne, mettaient en évidence leurs qualités morales.

39. L'ARISTOCRATIE ET L'ÉLITE

Quand l'aristocratie, décimée par la guerre ou détruite par la lutte sociale, est renouvelée en assimilant des éléments supérieurs de la bourgeoisie ou du prolétariat ceux qu'elle sélectionne, elle trouve ainsi le chemin de sa propre réalisation, mais provoque l'appauvrissement qualitatif des couches d'où ils surgissent. Dans une société organique, chaque groupe est exactement équivalent à une même communauté. Si la couche sociale dirigeante attire les chefs naturels de la collectivité secondaire, elle dissocie celle-ci avec le temps, la détruit. C'est là un mauvais calcul, à tout point de vue, puisque l'appauvrissement des couches inférieures produit une dégradation biopsychique et, par conséquent, l'épuisement des sources d'où provient le renouvellement indispensable de l'aristocratie. Nous ne tombons ici dans aucune contradiction. Il est normal et nécessaire que l'aristocratie ou, d'une manière plus générale, la classe dirigeante, incorpore les mutants qui sortent des élites des classes inférieures. Mais est nocif ce qui absorbe à ces mêmes élites ceux dont l'existence est indispensable au bon fonctionnement de la communauté.

40. LE DÉSÉQUILIBRE BIOPSYCHIQUE DE LA COMMUNAUTÉ

La sélection à l'envers, incluant les aspects essentiels que nous venons rapidement d'examiner, ne constitue pas l'unique facteur du déséquilibre biopsychique qu'elle produit par raréfaction des éléments supérieurs de la population. Nous avons à signaler encore un phénomène parallèle à celui que nous avons remarqué dans le domaine de la lutte des races : la relative stérilité des couches de plus haut niveau à l'égard de la prolifération des couches inférieures. C'est un fait indiscutable que les familles qui appartiennent aux classes supérieures ont peu d'enfants. Les raisons matérielles sont multiples : des difficultés en matière de logement et de services, un recours insuffisants aux nécessités d'une vie raffinée, au travail des femmes, etc. Ajoutons la crainte de la maternité de la part des femmes qui veulent, quand elles n'exercent pas de profession, sortir de leur milieu naturel, l'affaiblissement de la discipline religieuse et des traditions, et aussi la dégradation physiologique que produit le milieu urbain. C'est pourquoi, de même, si la prolifération des ensembles ethniques de couleur constitue une menace pour la race blanche, celle des éléments bio-psychiquement inférieurs est déjà un fait consommé. Il est clair que subsistent des descendants encore nombreux et non dégénérés des aristocraties anciennes, et que la formation fonctionnelle suffirait, avec le temps, pour reconstituer des strates dirigeantes dignes d'une telle dénomination. Ce qui nous semble plus grave est le double processus d'appauvrissement numérique de l'aristocratie, ou de ce qui en tient lieu, et de l'accroissement des éléments inférieurs qui continuent de se développer à un rythme accéléré sans que rien ne permette de prévoir la fin proche, et sans que rien ne soit fait pour le renverser, bien au contraire. Notre société libérale se dirige vers un état uniforme de médiocrité, vers une confusion générale qui mettrait un terme, certainement, à la prédominance de la race blanche et, en transformant en troupeaux ses communautés organiques, elle la mènerait à sa fin.

41. LA DISPARITION DE L'ORDRE SOCIAL BIOPSYCHIQUE

Gobineau voyait dans le métissage l'unique facteur de la décadence des ensembles ethniques et du déclin des civilisations. Nous savons maintenant que la dégradation biopsychique peut arriver par une simple transformation du milieu. Les blancs qui s'installent aux tropiques dégénèrent. Les lignages spécialisés qui perdent leur fonction dégénèrent. Les communautés qui détruisent l'ordre social biopsychique dégénèrent. Notre époque ne souffre pas seulement du métissage, mais aussi de l'égalité fonctionnelle des sexes, de la confusion des couches sociales, de la réabsorption des élites et des aristocraties privées de leurs fonctions. Comme Maurras l'annonçait il y a un demi-siècle, l'or est à la mode au détriment du sang. Tout est-il perdu ? Non, puisque la race blanche n'est pas victime de la fatalité, mais de sa propre inconscience. Une mauvaise politique est cause de la disparition de l'ordre naturel. Une bonne politique suffirait pour rétablir les conditions d'une régénérescence.

 

(1) Nous simplifions volontairement. En réalité, sont nouveaux les types qui apparaissent.

(2) Il est connu que les tissus constituent de vraies races cellulaires fonctionnellement spécialisées.

 

Zurück zu Oberseite

Alle Inhalte dieser Seite dürfen frei kopiert und verwertet werden.