![]() |
![]() |
Le procès-verbal de la rencontre de notre Führer Adolf Hitler avec
le Grand Mufti Haj Amin al-Husseini - 28 novembre 1941.
Documents concernant la politique étrangère allemande 1918-1945, Série D, Volume
XIII, Londres, 1964, pages 881 et suivantes.
Berlin le 30 novembre 1941.
Procès-verbal de l’entretien entre le Führer et le Grand Mufti de Jérusalem le
28 novembre 1941 à Berlin, en présence du Ministre des Affaires Étrangères du
Reich et du Chef de Légation, Grobba. [1]
Le Grand Mufti commence par remercier le Führer pour le grand honneur qu’il lui
fait en le recevant. Il souhaite saisir cette opportunité pour exprimer au
Führer du Grand Reich allemand, admiré de tout le monde arabe, ses remerciements
pour la sympathie qu’il a toujours témoignée à l’égard de la cause arabe, et
tout particulièrement de la cause palestinienne, et dont il a donné une claire
expression lors de ses discours publics.
Les pays arabes sont convaincus que l’Allemagne gagnera la guerre, ce qui sera
favorable à la cause arabe. Les Arabes sont les amis naturels de l’Allemagne,
puisqu’ils ont les mêmes ennemis, les Anglais, les Juifs et les communistes. Ils
sont donc disposés à coopérer avec l’Allemagne de tout leur cœur, et sont prêts
à participer à la guerre, non seulement d’une manière que l’on pourrait
considérer « négative », en commettant des actes de sabotage ou en suscitant des
mouvements insurrectionnels, mais aussi de manière positive par la formation
d’une Légion arabe. Comme alliés, les Arabes peuvent être plus utiles à
l’Allemagne qu’il ne le paraît à première vue, autant pour des raisons
géographiques qu’à cause des souffrances que leurs infligent les Anglais et les
Juifs. De plus les Arabes ont noué avec toutes les nations musulmanes des
relations qui pourront être utilisées au bénéfice de la cause commune. La Légion
arabe pourra être levée tout à fait facilement. Un appel du Mufti aux pays
arabes ainsi qu’aux prisonniers de nationalités algériennes, tunisiennes et
marocaines pourrait provoquer un afflux en grand nombre de volontaires,
impatients de combattre.
Le monde arabe est fermement convaincu de la victoire allemande, non seulement
parce que le Reich possède une grande armée, de braves soldats et des chefs
militaires de génie, mais aussi parce que le Tout-Puissant n’accorde jamais la
victoire à une cause injuste.
Dans ce combat les Arabes luttent pour l’indépendance et l’unité de la
Palestine, de la Syrie et de l’Iraq [2]. Ils ont la plus grande confiance dans
le Führer et considèrent sa main comme le baume de leurs blessures, infligées
par les ennemis de l’Allemagne.
Le Mufti mentionne alors la lettre qu’il a reçue [3] et qui spécifie que
l’Allemagne n’entend pas occuper de territoires arabes, et qu’elle comprend et
reconnaît les aspirations arabes à l’indépendance et à la liberté, tout comme
elle soutient la disparition d’un Foyer national juif.
Une déclaration publique en ce sens [4] pourrait être très utile par ses effets
sur les peuples arabes en ce moment. Cela pourrait réveiller les Arabes de leur
léthargie momentanée et leur donner un nouveau courage. Cela faciliterait aussi
l’action du Mufti pour organiser secrètement l’action des Arabes en prévision du
moment où ils pourront frapper.
En contrepartie, il peut donner l’assurance que les Arabes attendront dans une
stricte discipline le moment opportun et ne frapperont que sur l’ordre de
Berlin.
Au vu des évènements en Iraq [5], le Mufti remarque que jamais l’Allemagne n’a
incité les Arabes à attaquer dans cette région l’Angleterre, mais qu’eux-mêmes
n’ont fait que réagir à une agression directe de l’Angleterre contre leur
honneur.
Les Turcs, estime-t-il, accueilleront favorablement l’établissement d’un
gouvernement arabe dans des territoires voisins, parce qu’ils préfèrent avoir
dans leur voisinage des gouvernements arabes faibles plutôt que des
gouvernements européens forts. Étant une nation de 7 millions d’habitants, ils
n’ont d’autant plus rien à craindre des 1,7 millions d’arabes résidant en Syrie,
en Transjordanie, en Iraq et en Palestine.
De même, la France n’a pas d’objection à ce plan d’unification, puisqu’elle a
concédé à la Syrie son indépendance en 1936, et a donné son approbation à
l’unification de l’Iraq et de la Syrie sous la couronne du roi Fayçal [6] en
1933.
Dans ces circonstances, le Mufti renouvelle sa requête d’une déclaration
publique du Führer selon laquelle les Arabes ne doivent pas perdre l’espoir de
constituer une force puissante dans la vie des nations. Avec un tel espoir dans
le cœur, les Arabes, poursuit-il, consentiront à attendre. Ils ne sont pas
pressés de voir la réalisation immédiate de leurs aspirations [à constituer une
grande nation indépendante], et ils peuvent très bien attendre six mois ou un
an. Mais s’ils n’étaient pas inspirés par un tel espoir au travers d’une telle
déclaration, cela pourrait être interprété comme un succès pour les Anglais.
Le Führer répond que l’attitude fondamentale de l’Allemagne sur ces questions,
comme le Mufti l’a déjà déclaré, est claire. L’Allemagne soutient une guerre
sans compromis contre les Juifs. Cela inclut naturellement une opposition active
à un Foyer national juif en Palestine, qui ne serait rien d’autre que le centre,
sous la forme d’un État, de l’exercice de l’influence destructrice des intérêts
juifs. L’Allemagne est consciente que la revendication par les Juifs de leur
rôle pionnier en Palestine dans le domaine économique est un mensonge. Le
travail y est fait par les Arabes seuls, et non par les Juifs.
L’Allemagne est déterminée, étape par étape, à appeler les nations européennes,
l’une après l’autre, à résoudre le problème juif, et en temps voulu à adresser
un appel similaire aux nations non-européennes.
L’Allemagne est à présent engagée dans un combat pour la vie ou la mort avec
deux citadelles du pouvoir juif : la Grande-Bretagne et la Russie soviétique. Il
y a théoriquement une différence entre le capitalisme anglais et le communisme
de la Russie soviétique, mais actuellement les Juifs dans ces deux pays
poursuivent un but identique. C’est le combat décisif ; il se présente
extérieurement comme un conflit entre l’Allemagne et l’Angleterre, mais
idéologiquement, c’est un combat entre le national-socialisme et les Juifs. Cela
va sans dire que l’Allemagne fournira une aide déterminée et pratique aux Arabes
engagés dans le même combat, car les promesses non suivies d'effets sont
inutiles dans une guerre dont l’alternative est la réussite ou la destruction
[de l'Allemagne], et où les Juifs sont capables de mobiliser toute la puissance
de l’Angleterre à leurs seules fins. L’aide aux Arabes doit être matérielle. Les
seules marques de sympathie sont d’un faible secours dans un tel combat, et cela
a été pleinement démontré par les événements en Iraq, où les circonstances [7]
n’ont pas permis de rendre pleinement effective une aide pratique. En dépit de
tous nos témoignages de sympathie, l’aide allemande a été insuffisante, et
l’Iraq a été vaincue par la puissance anglaise, qui est la protectrice des
Juifs.
Le Mufti se dit conscient que l’issue de cette guerre décidera aussi du destin
du monde arabe.
Par conséquent, le Führer doit penser et parler avec calme et réflexion, comme
l'homme de raison qu'il est, mais principalement aussi comme soldat et comme
chef suprême des Armées allemandes et alliées.
Tout ce qui est de nature dans ce combat titanesque à soutenir la cause commune
doit être fait, y compris pour les Arabes. Au contraire tout ce qui pourrait
contribuer à affaiblir la situation militaire doit être écarté, et peu importe
que cela puisse être impopulaire. L’Allemagne est engagée actuellement dans de
très sévères combats pour forcer la porte nord du Caucase. Les difficultés
rencontrées concernent principalement le maintien de l’approvisionnement, qui
est très difficile, compte-tenu de la destruction des voies ferrées et des axes
routiers, et de l’arrivée de l’hiver.
Si à un tel moment le Führer soulevait dans une déclaration la question de la
Syrie, les éléments qui en France sont sous l’influence de de Gaulle recevraient
de nouveaux appuis. Ils interprèteraient la déclaration du Führer comme une
volonté de briser l’Empire colonial français, et appelleraient leurs
compatriotes à faire cause commune avec les Anglais pour essayer de sauver ce
qui pourrait l’être encore. Une déclaration concernant la Syrie serait comprise
en France comme faisant référence aux colonies françaises en général, et serait,
en ce moment, source de nouveaux troubles en Europe de l’ouest, ce qui se
traduirait par l’immobilisation d’une partie des Forces armées allemandes à
l’ouest, qui ne seraient plus disponibles pour la campagne à l’est.
Le Führer fait alors la déclaration suivante au Mufti, lui demandant de
l’enfermer dans les profondeurs de son cœur :
1) Le Führer veut conduire cette bataille jusqu’à la destruction totale de
l’Empire judéo-communiste en Europe.
2) À un certain moment qu’il n’est pas encore possible de fixer exactement
aujourd’hui, mais qui en tout cas n’est pas très éloigné, les armées allemandes
atteindront au cours de ce combat la porte sud du Caucase.
3) Aussitôt que cela arrivera, le Führer donnera en personne au monde arabe
l’assurance que l’heure de sa libération est venue. L’objectif de l’Allemagne
sera alors, solennellement, la destruction des éléments juifs demeurant dans la
sphère arabe sous la protection de la puissance britannique. À cette heure, le
Mufti sera le porte-parole le plus autorisé du monde arabe. Sa mission sera
alors de déclencher les opérations arabes qu’il aura secrètement préparées. À ce
moment, la réaction de la France à cette déclaration sera tout à fait
indifférente à l’Allemagne.
Une fois que l’Allemagne aura ouvert la porte de l’Iran et de l’Iraq par Rostov,
ce sera la fin de l’Empire britannique dans le monde.
Le Führer souhaite que l’année prochaine il soit possible à l’Allemagne
d’enfoncer la porte du Caucase qui donne sur le Moyen-Orient.
Dans l’intérêt de leur cause commune, il serait préférable que la déclaration
arabe soit différée de quelques mois supplémentaires, plutôt que de créer des
difficultés à l’Allemagne sans qu’elle soit capable, de ce fait, de venir en
aide aux Arabes.
Le Führer apprécie pleinement l’impatience manifestée par les Arabes pour une
telle déclaration demandée par le Mufti. Mais il le prie de considérer qu’il a
été le Führer du Reich allemand pendant cinq longues années, durant lesquelles
il lui a été impossible d’annoncer à son propre pays sa libération. Pour faire
cette annonce, le Führer a dû attendre les conditions favorables, provoquées par
la force des armes, qui ont permis la réalisation de l’Anschluss.
Au moment où les divisions blindées allemandes et les escadrilles de la
Luftwaffe atteindront le sud du Caucase, la déclaration publique demandée par le
Grand Mufti pourra être portée à la connaissance du monde arabe.
Le Grand Mufti répond que son avis est que tout se passe comme le Führer l’a
indiqué.
Le Grand Mufti se déclare tout à fait rassuré et satisfait par les propos qu’il
a entendus du Führer. Il demande, cependant, s’il ne serait pas possible, tout
au moins secrètement, de conclure un accord dans le sens de ce qui a été
esquissé par le Führer.
Le Führer répond que la déclaration qu’il vient de faire au Grand Mufti est une
déclaration confidentielle.
Le Grand Mufti le remercie et déclare en conclusion qu’il prend congé du Führer
en toute confiance, et lui réitère ses remerciements pour l’intérêt qu’il
témoigne à la cause arabe.
Signé : Schmidt.
--------------------------------------------
[1] Mémorandum du Chef de Légation Schmidt.
[2] La reconnaissance d’une « Grande Arabie », formée des trois pays mentionnés,
fut demandée par Al-Husseini dans une lettre adressée à Hitler en date du 20
janvier 1941.
[3] Il fait probablement référence au document du Secrétaire d’Etat von
Weizsäcker en date du 8 avril 1941.
[4] Al-Husseini insista longuement auprès de Hitler pour obtenir cette
déclaration, mais celui-ci refusa de la faire, en grande partie à cause de la
position de la France en tant que mandataire de la Syrie et du Liban.
[5] C’est-à-dire le soulèvement de l’Iraq, du 2 au 31 mai 1941.
[6] En réalité, il s’agit du contraire. Le Gouvernement de Vichy considéra d’une
grande importance de conserver son mandat, même après l’occupation de la Syrie
par les Anglais et les Gaullistes en juin-juillet 1941.
[7] Hitler ne se montra pas disposé à différer l’Opération Barbarossa à cause du
soulèvement en Iraq. L’aide allemande à l’Iraq resta ainsi limitée au minimum
promis, en raison de l'effort de guerre tout particulier à poursuivre sur le
front de l'Est.
Zurück zu Oberseite
Alle
Inhalte dieser Seite dürfen frei kopiert und verwertet werden.